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LA CÉLÉRITÉ EXPANSIVE

a) La notion de célérité du pouls artériel, qui correspond à l’expansion systolique plus ou moins rapide du vaisseau, est peu retenue en pratique.Etudiée classiquement sur les sphygmogrammes, d’après la pente

1. Une des conditions essentielles de tous ces examens, surtout en ce qui concerne certains sujets aux artères très sensibles. est d'opérer rapidement, pour réduire au minimum, les modifications

circulatoires temporaires, créées par l'excitation des vaisseaux sous l'influence de la contre-pression extérieure.

O0 plus ou moins.accusée de l'onde systolique, la célérité du pouls s’apprécie aussi, quoique de façon plus gros. sière, d’après les caractères des battements de l'artère à la palpation. Indépendamment de toute question d'amplitude du pouls radial, il existe des épithètes courantes pour désigner les caractères du pouls et qui ne font que refléter le plus ou moins de célérité des battements de l'artère (pouls vibrant, impulsif, mou, éréthique, etc.….). À l’auscultation des vaisseaux de même. on parle de tons cinglants, soufflants, amortis, qui n’ont pas de rapport avec l'amplitude, mais dépendent directement de la célérité pulsatile. En somme, la célérité est essentiellement la mesure de ce qui constitue l’éréthisme vasculaire.

b) L’objectivation la plus frappante de cette notion reste cependant l’oscillométrie et son étude mérite d'être mieux poussée qu'elle ne l’a été jusqu’à présent. Elle est à la base même des résultats fournis par ces appareils.

C'est elle, en effet, qui commande le caractère plus. ou moins brutal, plus ou moins saccadé des déplacements de l'aiguille à l’oscillomètre. Il existe des sujets dont la pulsation est à peine visible sur le cadran de l'appareil, parce que sa vilesse est trop grande, en dehors de toute question de tachycardie. Dans ce cas, pour un appareil sensible, l'aiguille subit même un double ou triple mouvement d'aller et retour, à certaines contre-pressions — ondes d'amortissement — qui précèdent le début de la pulsation suivante. L'indice oscillométrique se lit alors avee grande difficulté.

Chez d’autres sujets, les battements (à taux égal de fréquence du pouls) sont au contraire lents, nettement

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perceptibles à la vue, sur toute l'étendue du déplacement de l'aiguille. Toute onde d'amortissement tendici à faire défaut. L’aiguille revient à son point de départ et ne le dépasse pas. La pulsation se compose uniquement d’un simple mouvement d'aller et retour de l’aiguille sur le cadran. La lecture de l'indice se trouve donc simplifiée. Entre ces deux cas extrêmes, il ya toute une échelle de transitions. Ces deux caractères de brusquerie, ou au contraire, de lenteur de détente de l'aiguille d’une part, et la présence ou l’absence d'ondes d'amortissement, traduisent grossièrement à l'oscilloscopie, les caractères de la célérité des pulsations artérielles. |

c) C'est le facteur inertie de nos appareils, qui favorise l'extérioration du phénomène de la célérité. L’inertie n'est d'ailleurs ici qu'un intermédiaire. Elle ne peut être considérée à elle seule, comme responsable du caractère des battements plus ou moins perceptibles (à cause de leur brusquerie), sur le cadran de certains instruments classés comme « trop sensibles ». Ces Caractères varient en réalité, dans de grandes proportions suivant le système circulatoire de chaque individu. C’est l’inertie, la sensibilité de l'appareil, qui souligne la célérité plus ou moins marquée du pouls exploré, c'est beaucoup grâce à elle qu’on peut extérioriser celle-ci.

Nous verrons plus loin l'étude de la célérité sur les tracés oscillographiques.

d) Rapports de la célérité et de l'amplitude pulsatile des artères. — Les difficultés rencontrées dans la pratique de l’oscillométrie, dès que l’on demande quelque précision à cette méthode d'examen, notamment pour des études comparatives, sont extrêmes, si l’on veut ne

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considérer que l'étendue des oscillations et l’indice oscillométrique par lui-même. Ainsi comprise classiquement, on ne peut en attendre que des résultats approximatifs et ° insuffisants, difficilement comparables, quand ils ne sant pas entachés d'erreur.

A la notion d’expansibilité artérielle proprement dite, il faut donc ajouter celle de la force de cette expansibilifé. Or, amplitude et célérité pulsatile sont deux éléments, qui quoique d'essence différente, sont cependant indissolublement liés, tant dans leur extériorisation que dans leurs modifications incessantes, au niveau des artères. Toutes deux se complètent et l’on ne peut séparer l’une de l’autre.

19 Ce sont deux notions différentes. — La juxtaposition de ces deux éléments peut se faire suivant des modes variés. On peut observer, comme l'appareil de Pachon et les enregistrements graphiques nous le montrent journellement, soit des amplitudes de battements réduites, avec célérité exagérée, ou bien au contraire, très augmentée. Pourtant, en pratique, le plus souvent, les deux caractères extrêmes vont de pair. C'est dans les cas des plus fortes amplitudes, que l'on observe aussi le caractère éréthique le plus accentué. Le caractère de vibrance s'associe très souvent à l'amplitude exagérée du pouls radial, appréciée à la palpation. De même, les pulsations à petit indice oscillométrique sont en général dénuées de toute force expansive. Un pouls petit est souvent mou, sans aucune vibrance.

Pratiquement, à égalité d'indice entre deux sujets, ou même sur deux membres homologues d'un même

FLP GENE

individu, le caractère de célérité du pouls peut être très différent. L'indice oscillométrique esk donc insuffisant par son caractère quantitatif, à définir un état circulatoire local (en dehors de toute notion tensionnelle); il faut toujours lui adjoindre son caractère qualitatif, comme l’ont montré récemment MM. Clerc et Bascourret.

29 Les deux notions sont essentiellement liées. — L’indice oscillométrique est fonction non seulement de l'expansion plus où moins développée de la paroi artérielle, de l'étendue du mouvement de cette paroi, mais aussi de la célérité de cette expansion, de la vitesse, de la force de ce mouvement. On conçoit aisément, que l'étendue des déplacements de l'aiguille ou du style enregistreur, sera d'autant plus forte que la brusquerie

de ce mouvement sera plus. accusée : l’inertie des appareils entre en jeu. Vient-on à réduire cette inertie pour éviter les mouvements saccadés et impulsifs de l'aiguille : on réduit du même coup l'étendue des oscillations. Le fait est patent, avec les différents modèles d'appareil Pachon.

Toute modification de la manchette pneumatique explorant une artère, ou du contenu gazeux insufilé dans cette poche, influe ‘encore sur les deux éléments simultanément (voir causes d'erreur, page 34). L’augmentation ou la diminution provoquée de l'indice oscillométrique par resserrement ou relâchement du brassard, ne peut aller sans augmentation ou diminution parallèle de la célérité des battements de l’aiguille.

‘Un changement spontané ou provoqué du régime de l'amplitude pulsatile, chez un sujet donné, s'accom-

pagne toujours d’une modification de méme sens de la force impulsive de l'artère explorée. Certaines poussées d’hyperpulsatilité qui accompagnent les paroxysmes tensionnels sont toujours doublées d’une vibrance artérielle particulière. Quand la poussée s'atténue, l'indice oscillométrique devient plus petit, et avec lui la célérité des battements se réduit aussi. Toute épreuve médicamenteuse, physique ou autre, qui modifie l'indice dans nn sens, modifie toujours la célérité des battements de façon absolument parallèle. |

e) La célérité pulsatile est l'élément de l'oscillométrie le plus sensible. — Toutefois, malgré ce parallélisme absolu des deux éléments, qui ne fait jamais défaut, un certain décalage évolutif existe entre eux. C'est ainsi que, mis à part les dits cas de grosses modifications des mesures oscillométriques chez un sujet, il en est de plus fines et de beaucoup plus fréquentes, qui semblent porter uniquement sur le facteur célérité du pouls. L'indice, mesure classique, reste inchangé au Pachon dans son caractère quantitatif, et pourtant, l'enregistrement graphique est différent ; nous en verrons de nombreux exemples. Il prouve par son image une célérité de battements, beaucoup plus où moins accusée.

Le caractère évolutif vient-il à s’exagérer, l'indice se trouve alors modifié à son tour, et toujours dans le même sens, Il y a donc retard de modification de l'amplitude pulsatile sur celle de la force pulsatile, quand celle-ci s'accroît ou diminue progressivement, L'élément célérité du pouls apparaît donc plus sensible dans ses modifications que l'élément amplitude. Toute

Comparaison dans le temps, de régimes cireulatoires.

doit s'inspirer de ces deux notions. La célérité du pouls doit être suivie, comme son amplitude. La première se modifie toujours avant la seconde. Amplitude pulsatile et éréthisme vasculaire sont étroitement liés, ces deux notions se complétant mutuellement.

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