‹ L'Oscillométrie Dans L'Hypertension ArtérielleChapitre 45 sur 67 · Observation recueillie par le Dr Bascourret · texte numérisé non relu

Observation recueillie par le Dr Bascourret

dant, les troubles cardiaques semblent diminuer un peu. La dyspnée est moins gênante. Le sujet perdant peu à peu l'appétit, met sa dyspnée en partie sur le compte des digestions défectueuses et de lui-même restreint son alimentation. Les battements artériels sont moins perceptibles, moins brusques, quoique la T. A. reste peu modifiée aux environs de 20 à 21-8. On note cependant plusieurs fois un i. o. moins étendu de 17 à 20 en moyenne avec surtout des battements au Pachon moins brusques, moins saccadés. L’albuminurie elle-même toujours surveillée par le malade, ne se montre plus que d’une façon intermittente avec maximum de 0 gr. 20. Les chiffres d’urée répétés deux fois montrent ün maximum de 0 gr. 60.

A partir de mars 1929, l’amaigrissement devient important, les troubles digestifs s’accusent davantage malgré une certaine conservation de l’appétit. Le sujet n’accuse plus aucune dyspnée et a repris depuis quelque temps ses visites au domicile de ses clients, à quelque étage qu’ils habitent. Il n’est plus gêné par son cœur. La respiration lui semble complètement libre. La T. A. se maintient toujours approximativement au même niveau aux environs ‘de 20-8. La pulsatilité cependant s’est modifiée considérablement : li. o. oscille entre 10 et 12 et est noté toujours très calme. Le double souffle lui-même apparaît moins intense à l’auscultation. Il n’y a plus de battement artériels expansibles. Les artères semblent elles-mêmes devenir plus souples, moins indurées au toucher; en tout cas, elles ne sont plus perceptibles à la vue. L’albuminurie n’a pas reparu depuis deux mois. Les chiffres d’urée ne dépassent pas 0 gr. 40.

En juin 1929, une profonde anémie de type pernicieux, avec amaigrissement extrêmement intense s’installe chez notre malade. Le diagnostic de cancer de l’estomac a été posé par un confrère et l’opération jugée inutile. La T. A. est alors aux environs de 18-9 avec i. o. de 7 à 8 (noté très mou).

Dans les semaines suivantes, des complications diverses étant apparues et notamment une phlébite, la situation s'aggrave rapidement. Dans cet état les modifications respectives de la T. A. et de l’oscillométrie ont pu être suivies, et malgré l’abaissement progressif de ces deux éléments leur décalage évolutif s’est poursuivi pendant toute cette dernière période. On notait par exemple une T. A. légèrement supérieure à la normale, à 16-8 avec i, o. très ré-

duit de 4 à 5. Le pouls avait perdu tout caractère bondissant depuis longtemps.

On retrouve dans l’histoire du malade précité, le même décalage évolutif entre les divers éléments d'appréciation de l’état circulatoire, d'une part une T. A. restée invariable pendant très longtemps ; d'autre part une pulsatilité artérielle s'abaissant progfessivemen autant dans ses éléments cliniques (battements des artères) que dans ses mesures à l’oscillomètre. Il y a ici encore un véritable retard évolutif de l’une de ces deux notions sûr l’autre. La ‘©. A. se montrant toujours üun élément d'appréciation apparemmentplus grossier, en tout cas beaucoup moins sensible dans ses modifications que la pulsatilité artérielle. Ce n'est qu'à partir d'un taux de régression déjà très accentué des données oscillométriques, que la T. A. commence à se modifier elle aussi Ces variations circulatoires si nettes, et qui ont porté uniquement sur les mesures de la pulsatilité, étaient à n’en pas douter causées par un état cachectisant progressif, qui a su cependant entrainer déjà ces modifications, alors même qu'il n'était pas corstatable cliniquement. La donnée classique signa-

lée par Gallavardin depuis longtèmps, de l'influence

hypotensive de tous les états cachectiques, pourrait donc se compléter heureusement, et même se préciser en considérant plus son action. sur la pulsatilité, que sur Ja tension artérielle elle-même.

Nous possédons nombre d'observations avec ou sans enregistrements,aussi démonstratives que ces dernières.

Il suffit pour extérioriserau maximum ces faits, d’'observer les malades dans des conditions optima, sur-

tout de repos prolongé quelques jours,ou encore après une poussée d’exagération des phénomènes circulatoires, sous l'influence d’une grippe ou d’une fatigue exagérée, par exemple :

Les modifications respectives de la tension artérielle et des données oscillométriques, dans leur évolution, restent délicates à préciser. Il faut d'une part tenir compte des cas extrêmes, de grandes dénivellations tensionnelles qui montrent, surtout en cas de forte pulsatilité, une modification plus ou moins importante et toujours de même sens de celle-ci. Une analyse minutieuse des cas de petites modifications tensionnelles écarte la plupart des contradictions apparentes, en montrant un décalage évolutif certain, entre le niveau de tension, élément d'appréciation moins sensible, et les données oscillométriques, plus régulièrement influencées. La célérité pulsatile en particulier, doit être envisagée comme l'élément de beaucoup le plus sensible, dont les modifications précèdent celles de l'amplitude, elle-même notion de mesure, déjà moins grossière que celle de la T, À.

Toutefois dans certains cas de microsphygmie accentuée, el répondant à des types cliniques assez spé- .ciaux, le peu de modifications oscillométriques observées, malgré une dénivellation tenstonnelle importante, doit faire garder à la notion de tension artértelle sa valeur habituelle. En pratique, toute estima- {ion d'un état circulatoire donné, doit donc pouvoir s'inspirer de ces trois notions, de sensibilité différente, qui se complètent mutuellement.

CHAPITRE I [4 Les modifications provoquées de la pulsatilité artérielle, —- Epreuve < de l’effort.

Nous nous sommes adressé à cette simple épreuve d'effort, pour obtenir des modifications très sensibles et immédiates des éléments circulatoires envisagés, el nous avons toujours obtenu des résultats très satisfaisants par ce moyen, et d'une netteté toujours remarquable.

Il va de soi que l'épreuve n’a pas toute la précision désirable, en ce sens que l'effort demandé (il s'agissait toujours de la même montée rapide de deux escaliers) n’était pas accompli par chacun de nos sujets d’une manière identique, et ainsi les résultats pouvaient différer dans leur degré, pour une étude comparative. Cependant malgré cette imprécision apparente, la rapidité exigée de l'épreuve, restait somme toute assez proportionnelle aux habitudes de vie de chacun de ces sujets, à leur activité plus ou moins grande, et à ce titre le résultat obtenu pouvait comporter, comme nous le verrons plus loin (p. 148), une certaine valeur

pronostique.

Les mesures ont été toujours effectuées dans la minute même qui suivait l'effort, avec prise immédiate d’un diagramme en même temps que l'on notait le taux de rapidité du pouls. Aussitôt après, sans retirer . le brassard, la lecture de li. ©. était effectuée (1) à l'appareil Pachon par esprit de contrôle. En. outre, l'épreuve était souvent recommencée quelques minutes après, dans les mêmes conditions, pour envisager les variations circulatoires portant sur les membres inférieurs.

La recherche a été effectuée sur :

1° 12 malades du groupe À (macrosphygmie) (2).

Sur ces 12 cas :

11 fois le résultat a été positif et s’est toujours marqué dans le sens d’une augmentation des mesures oscillométriques ;

1 fois le résultat s’est montré douteux.

Sur ces 11 cas positifs nous avons constaté à l'artère humérale :

Une augmentation parallèle de tous les éléments circu-

latoires :

— du niveau de la tension maxima ; — de l'amplitude oscillométrique ; — des indices de célérité ;

— du taux de rapidité du pouls.

1. Le léger retard apporté dans cette dernière mesure, tétaït à n'en pas douter, une cause de sous-estimation ‘des résultats de variations de l'indice. Aussi d’une manière générale, avons-nous tenu davantage compte des résultats d'inscription graphique -que des modifications de l’i. o. |

2. Nous avons choisi à dessein pour cette épreuve, des malades dont l'état circulatoire pas trop gravement compromis, présentait une pulsatilité de base d'examen, peu exagérée.

Le degré de ces modifications a toujours été d'une netteté extrême. Le niveau de la T. A. s'élevait en moyenne de 3 à 7 cm. Hg. É L’amplitude oscillométrique augmentait dans tous les cas, sauf un, de plus de la moitié de sa valeur initiale.

La célérité s’exagérait, en montrant une accentuation extrêmement nette du prédicrotisme initial et du dicrotisme dernier, s'ils existaient, ou par leur apparition accusée, sur une courbe qui n’en comportait pas antérieurement. |

Le taux de rapidité du pouls s’exagérait enfin, de façon variable passant en moyenne de 70-80 à 90-110.

Dans un seul cas les modifications furent un peu moins nettes, se bornant à une augmentation de l'i. o. de 12 à 13 1/2 avec apparition d’un prédicrotisme peu marqué, alors qu'il n'existait pas auparavant, La T. A. s’est peu modifiée dans ce cas. Cette observation, ainsi que celle dont l'épreuve a été complètement négative (2 cas sur 12), appartenaient au groupe de pulsatilité moyenne et faisaient partie du cadre de sujets de plus de 60 ans, ne présentant pas de troubles fonctionnels (voir p. 147). L'augmentation du pouls dans ces deux cas, n'avait pas dépassé 84 pulsations.

Il est à remarquer d’ailleurs, que l'épreuve fut pratiquée par ces deux sujets d'une manière notablement plus lente que par la plupart des autres.

Chez 4 malades cependant, cardiaques avérés quoique en période d'amélioration, la dyspnée limita très vite la rapidité de l'exercice; les résultats n’en furent cependant pas moins nets chez eux.

La courbe oscillométrique subissait d'une manière

J. Martin 8

ETUI

générale les modifications déjà signalées au chapitre précédent, à propos des variations de tension sponta nées :

— Allongement par son extrémité supérieure correspondant à l'élévation tensionnelle ;

—Surélévation de sa partie moyenne (i. o. plusélevé);

— Extériorisation plus nette du niveau de tension moyenne dans la plupart des cas;

— Allongement de la zone de prédicrotisme dont les ondes sont plus élevées;

— Multiplication et intensification des ondes de dicrotisme dernier.

‘ Dans l’ensemble donc, c'était une augmentation de volume de la courbe portant sur toutes ses dimensions. Tous les éléments étaient intéressés, parallèlement à l’augmentation de la T. A. et du taux du pouls (voir tracés 3 et 4, fig. 8). |

20 12 malades du groupe B (microsphygmie).

Sur ces 12 épreuves, nous avons observé les résultats suivants :

Dans tous les cas la T. À. s’est trouvée augmentée dans son niveau de tension MX, cette augmentation variant de 3 à 7 cm. Hg.

7 fois l’amplitude des oscillations s’est modifiée d’une façon nette, cette modification n'ayant jamais été très considérable cependant (en général 2 à 4 divisions, une seule fois 5).

Dans les 5 autres cas, li. 0. s'est montré sensiblement le même. à

Les signes de célérité se sont montrés deux fois (prédicrotisme léger ou moyen sur 3 à 5 cm. Hg}. Il était difficile de juger de la modification d'aspect du som-

Page 1