XXII INTRODUCTION
quelques heures ont rendue livide.
Le printemps va paraître sur la surface de cette dépouille de jeune femme ; elle semble sourdre encore dans le sol qui va porter des rameaux en fleurs.
La nature laisse entrevoir, même sur la tombe, les trésors qu'elle destine à l'homme ; c'est une leçon des biens qui passent-, c'est un pressentiment de ceux qui lui sont réservés.
La dissolution est un mystère des tombeaux. Bientôt tout se dessèche ; il ne reste plus que des ossemens grisâtres. Toute la sève des d^ris humains s'est communiquée à la terre ; un principe vital se répand et soutient la plante dans sa force vé-
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gëtale; c'est l'été de lanatvire, c'est l'époque delà moisson etcelledes orages. L'homme qui foule le sol des m orts est fort des sentimens dont la création mit le germe en son cœur. Si la tombe est la décevance de la vie , audessus d'elle est l'espoir...
Ainsi , le cultivateur dans l'été de sa carrière assure sa richesse par la semence qu'il dépose en son champ. C'est le choix qui décide l'abondance ou la stérilité. Parfois la plante parasite croît à la place de l'épi ; c'est l'image de l'existence sans vertu.
L'automne des tombeaux est comme celui de l'homme , l'affaiblissement des joies terrestres : tout y est morne* les feuilles les jonchent ; c'est un repos
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couvert de débris , lenveloppe hu maine apparaît dépouille'e de ses derniers vestiges. La terre estdevenuepar le contact des linceuls une pétrification animalisée; elle vient ainsi saupoudrée se mêler à la science. Le corps qui a usé sa vie au souffle des passions fuse plus vite au sein de la terre.
Celui qui a joui sans prodigalité de son souffle vital, se retrouve encore sous un aspect de vie au fond de son cercueil. Les âges ont foulé le sol sur sa tête sans rider ses traits; le temps semble respecter la dépouille de celui qui a mesuré son vol avec sagesse.
L'hiver, une infiltration froide et liquide arrive dans l'intérieur de l'asile mortuaire; les neiges, au travers
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des feuilles desséchées se dilatent et tombent goutte a goutte ; ce double linceul annonce a l'homme que l'abondance de son automne le mène aux glaces du trépas. L'hiver des tombeaux est comme celui de la vie. La terre cadavéreuse s'échauffe d'une sève invisible, pendant que sa surface est durcie ;... on n'entend plus murmurer les eaux; les glaçons brillent aux pâles rayons de la lune et pendent à l'if toujours vert. Mais cette physionomie stagnante conduit à un nouveau printemps.
Lorsque la neige des ans couvre la tête de l'homme, c'est un appel au sépulcre, mais c'est aussi un pas a une régénération éternelle.