‹ L'ossuaire (volume 2)Chapitre 100 sur 105 · PREMIÈRE PARTIE, CHAP. XX. 3o · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAP. XX. 3o

put retenir les cris de la douleur: ses camarades effravés n'osaientapprocher du reptile pour tenter sa délivrance. Le Natchez en luttant contre le manitou fit partir la détente de son espingole; ce bruit donna l'alai'me.

La troupe deLohie voulut fuir, mais en un instant les gardes prévôtales entourèrent les contrebandiers. Après avoir cherché à se défendre ils furent désarmés. Un coup de sabre trancha la tête du sei'pent, mais le Natchez n'avait plus qu'un souffle de vie, il expira dans les souffrances, et en invoquant le pardon de son dieu qui venait de lui donner la mort. Telle fut la fin malheureuse de l'un des esclaves canadiens.

L'autre ISatchez, né sur la même rive, amené parla même voile sur le sol français , eut une destinée bien différente.

Il descendait de cette antique x'ace , qui croyait avoir le soleil Y)Our auteur.

Lorsqu'il quitta sa terre natale, il cacha dans son seiu un crucifix : interrogé sur ce signe de salut, il dit l'avoir recueilli d'un sachcm mourant.

Pénétré du calme qui avait consolé la dernière heure de l'idolâtre convciti , le jouno Canadien avait fait

3o4 NOTES.

vœu d'abjurer le culte des manitous, poui- suivre laloi du Dieu de vérité.

La piété descendue dans son anie comme un rayon divin, donnait à son récit un intérêt touchant qui fut le mobile de son affranchissement. M. Maret, attaché ila maison du prince de Condé, le délivra de la servitude; et au lieu d'un maître il trouva un protecteur dans le Français, qui le naturalisa au sein d'une nouvelle patrie.

Le Canadien fut conduit à Paris. Au sein des merveilles d'une capitale splendide , on entendit avec étonnement le jeune sauvage demander d'aller voir la maison de Dieu, avant de visiter aucun desmomunens qui excitaient son admiration. Ce vœu fut formé au milieu d'un cercle brillant; on s'était réuni pour jouir du spectacle d'un habitant des forêts de la Louisiane , à son entrée dans une sphère qui était pour l'Américain la découverte d'un nouveau monde. M. de Caylus , èvêque d' Auxerre , réclama le privilège d'être le premier introducteur du jeune Natchez dans le temple catholique, et celui de diriger son instruction chrétienne.

C'est dans l'éghse de St-Severin , à Paris , qu'il

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