‹ L'ossuaire (volume 2)Chapitre 49 sur 105 · PREMIÈRE PARTIE, CHAP. X · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAP. X

une chambre basse de ce château ; il devint soD geôlier; il était sûr du mystère : la victime ne pouvait plus se plaindre I . .

Il reyint sur le lieu de la scène d'horreur , décidé à mettre Saint- Albin hors d'état de révéler son secret; mais l'évanouissement profond où il le trouva lui épargna un nouveau crime.

Lorsque son maître recouvra le sentiment, il n'avait plus qu'un souvenir; le dard d u monstre avait frappésur ses facultés mentales.

Lohie chercha de l'or dans du sang ; il rendit au malheureux père le fils qui ne le reconnaissait plus : il lui fallait de la reconnaissance pour les jours qu'il disait avoir sauvés.

Pendant plusieurs mois l'infortuné resta dans un état de stupeur; l'horloge , sonnant minuit , lui apportait seule un souvenir :

alors la frénésie du désespoir s emparait de tous ses sens ; le nom d'Aurore s'échappait de sa poitrine dans des cris convulsifs. Son jeune frère, assidu à son chevet, aggravait alors sa douleur en lui parlant d'elle , pour conserver de la vie à ses pensées ; dans ces éclats il y avait plus d'espoir que dans son absorbtion silencieuse.

Les secours de l'art , les efforts de Famitié lui rendirent enfin la raison ; m^is ils ne purent triompher de sa douleur.

Une tombe, une fiancée, du sang, des pleurs , tels étaient les rêves de ses nuits , les visions de son réveil. Sa main avait conduit Aurore au supplice , sa vie était un isolement de remords.

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