‹ L'ossuaire (volume 2)Chapitre 53 sur 105 · PREMIÈRE PARTIE, CHAP. XII. gn · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAP. XII. gn

choisirent était sombre et orageuse ; le sifflement des vents, les éclats de la foudre, couvraient le bruit de leurs pas. Un silence farouche fîit observé pendant cette marche; la lueur des éclairs la guidait. Parvenus au pied du château, la trahison de Lohie les fît pénétrer dans son enceinte. La paix du coeur, Tunion de famille, Thonneur d'un front blanchi, le lustre de jeunes vies, tout allait être enseveli dans du sang! ; v- .-

Les assassins se précipitèrent avec des hurlemens vers la partie du château habitée par M. de Salmar. Surpris dans son sommeil, ce vieillard ne put opposer aucune résistance; il devint leur première victime. Les habitans du château, avertis par ses cris, s'étaient levés à la hâte; mais ils furent saisis et garrottés avant d'avoir pu se munirdeleurs armes. Sûr de n'éprouver aucune résistance, le chef delà bande somma M. de Salmar de

lui livrer Aurore. Ce fut en vain qu'il s'efforça de le convaincre que la morl Tavait devancé; les brigands ne virent dans son récil qu'un moyen de se soustraire à leur demande. Ils fouillèrent le manoir avec un soin extrême , se croyant certains de la trouver dans quelque réduit secret. L'inutilité de leurs tentatives accrut leur rage ; elle ne connut plus de frein ; ils s'apprêtèrent à l'assouvir en épuisant sur leurs prisonniers toute riiorreur des tortures. Les massacres se multiplièrent, et varièrent selon le géiile du crime. Tout ce qui, dans cette enceinte, avait vie fut mis lentement à mort; tout expira dans les angoisses ; les cendres mêmes ne devaient pas rester pitres. Les animaux destinés à être égorgés furent jetés pêle-lnêle dans la salle du carnage. Le chef de famille fut frappé le premier! c'était le signal. L'un des assassins tenait à la main une

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