PREMIÈRE PARTIE, CHAP. XII
serpe déjà ensanglantée ; il lui en porte un coup violent; un morceau de son crâne vole en éclats. Il ose encore interroger sa victime ; mais c'est en vain, M. de Salmar n'est plus.
Le plus jeune de ses fils veut briser ses liens pour le venger : il est jeté dans un brasier ardent ; le corps de son père, suspendu à la clieminée , laissait tomber sur ses restes un nouveau baptême de sang.
Les dogues furent mis à même d'une horrible curée ; ils y trouvèrent le sentiment de leur maître, et refusèrent d'assouvir leur faim.
Saint- Albin , retenu sur un lit de douleur, ociciipait une pièce contiguë à celle ou se passait Teffro^ablc carnage. Depuis la perte d'Aurore, un abattement prof )nd le rendait insensible à tout ce qui n'était pas douleur. Lt?s cris décbirans lui rendirent le
sentiment de l effroi; une forte secousse im- ]>rimée à sa couche, lui lit d abord penser qu'elle était l'effet d un tremblement de terre; mais il fut bientôt désabusé : les imprécationsmélées, auxgémissemensqui frappèrent sou oreille paraissaient insulter à des souffrances. Il s'élance; un rayon de lumière , en pénétrant par une des fentes du mur, lui découvre l'aifreuse scène qui se consommait !
La secousse qu'il avait ressentie était causée par les efforts d'un taureau pour briser l'anneau qui le retenait à une colonne adossée à son alcôve.
Saint-Albin, rendu à lui-même, s'arme d un couteau de chasse; il s'élançait, lorsque les wiigeSj accourant au bruit, cherchent à enfoncer sa porte ; les panneaux sont brisés, il les voit couverts de sang : il sait que c'est tout ce ({ui reste des siens; il veut