PREMIERE PARTIE, CHAP. Xll
les venger en vendant chèrement sa vie. Les dogues et le taureau rongeaient leur frein. Saint-Albin fait brèche à la cloison ébranlée, y fait une ouverture , y introduit son bras, et coupe leurs liens. A peine cesanimaux sont-ils libres, qu'ils s élancent sur les meurtriers; ils s'excitent ; et tandis que les plus redoutables gardiens du logis saisissent un brigand, le déchirent et dévorent ses entrailles , le taureau, animé par la couleur du sang, poursuit tout ce qui s'offre à sa vue : de ses cornes il fait voler dans l'air des lambeaux sanglans. Ces auxiliaires rugissans reconnaissent ^aint- Albin , et se ruent avec lui sur les assassins. Cernés et défaits , deux seulement parviennent à se sauver ; mais les corps des dix autres brigands restent étendus sur la place, et servent d'hécatombe aux mânes des victimes.
Saint- Albin, debout au milieu des débris d'bommes, cherche les membres pal pi «ans qu'il veut honorer; il les reconnaît à la froide mutilation qui les marque : la mort, dans cet horrible cercueil, avait une physionomie.