‹ L'ossuaire (volume 2)Chapitre 57 sur 105 · PREMIÈRE PARTIE, CHAP. XIII. lo · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAP. XIII. lo

fut acceptée avec joie, et le jeune comte reçut toutes les instructions nécessaires pour s'acquitter de son extraordinaire négociation. Il l'entreprit avec un zèle excité par le malheur de la jeune Mathilde. Souvent il s'était fait redire par sa tante sa disparition ; la profonde mélancolie de la comtesse de Montmélian lui fit trouver du charme à sécher ses pleurs de mère.

Il voyagea avec vitesse ; près de toucher le but , il laissa son équipage et ses gens dans le petit village de Saint-Cyr, et s enfonça seul dans la foret de Rang-Taloup.

Le comte était porteur d'un sauf- conduit pour Rondart et sa troupe. Pour vingt-quatre heures ils étaient dans la loi.

En proie à une vive agitation, l'envoyé marchait d'un pas rapide. L'espoir dp délivrer Mathilde ])Ouvait à peine contenir son impétueuse intrépidité. Il aurait voulu.

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combattre cette horde d'assassins, et iioi» traiter avec son chef. 11 était plonge dans de profondes réflexions, lorsqu'il entendit lui léger bruit dans le taillis. Le renard qui servait d'éclaireur à la troupe des forêts sembla lui frayer sa route; il le suivit, et se trouva bientôt au milieu d'elle.

Le spectacle qui frappa ses regards était dignedu ])inceau de Salvator. Dans la partie la plus épaisse du bois, se trouvait un monticule . Là , accroupis sur la saillie d'un rocher, les compagnons de Rondart, les bras tachés de sang , assouvissaient leur appétit; des mets grossiers étaient placés sur la pierre grisâtre ; une gourde remplie de vin circulait à la ronde. Deux cadavres gisaient à leurs pieds ; les regards froids et distraits qu'ils jetaient sur ces nouvelles victimes témoignaient de leur habitude du meurtre.

A l'approche du comte la troupe se leva

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