‹ L'ossuaire (volume 2)Chapitre 58 sur 105 · PRETMIÈRE PARTIE, CHAP. XIII. IO · texte numérisé non relu

PRETMIÈRE PARTIE, CHAP. XIII. IO

S pont ailé ment; chaque main saisit une arme; une voiitc de glaives encore dégouttans de sang fut formée au-dessus de sa tète, n'attendant , pour frapper, qu'un ordre du chef.

Cet appareil de coutelas n'intimida point l intrépide jeune homme; il s'adressa à celui qui paraissait commander, et lui dit le motif de sa venue. L exhibition du sauf-conihiit , la .^râce de Rocheberrare , attestaient sa véracité. A cette vue , le cri d'une joie féroce fit retentir la forêt ; les bêtes carnassières qu'elle recelait en furent épouvantées; elles y répondirent par des rugissemens : c'est au bruit de cette sauvage fanfare que le comte de Rency fut conduit devant Rondart. Debout , appuyé contre le chêne designé, il accueillit le comte avec un signe de tête, et lui apprit les moyens par lesquels les jours de la jeune comtesse avaient

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été coliservés, la tamillii qu'il en avait rendue dépositaiie, et le sang dont il avait puni le refus de la lui rendre, h Aurore ! » s écria le comte ; cette révélation était pour lui un présage d'amour. ((Tu vas être, continua » Rondart, investi de la puissance réelle de » ces contrées ; tu te rendras seul au lieu du » rendez-vovis ; tu }' parleras pour moi ! )) Cette enfant est mon dû ; mon droit est la )) terreur. Tu parleras. . . et mon nom agira. » Dans trois heures, tu te trouveras au lieu )) indiqué; le ravisseur est prévenu; tu dois » reparaîtt-e avec l'objet de ta sollicitude.

)) Tu rapportes à Pvondart la vie de l'un (( des siens; je rends la tienne à ta patrie.

» Si tit t-Cpasses près de ma tente, tu au- )) ras le mot d'ordre de Rang-Taloup ; tu » seras le premier qui lauras exporté au » delà de ses profondeurs.

)) Si quelqu'un embarrasse tes desseins,

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» compte sur nos hras... tu auras bieutôt » son cadavre ! »

Les brigands, debout , saisirent leurs poignards et les levèrent; c'était leur hourra silencieux.

Le comte dé Réiicy s'etifonçà dans les sentiers de la foret qui conduisaient au grand chêne, près le four à chaiioc de Sainte- Colombe : c'était le lieu assigné.

Une émotion douce se mêlait,, chez le comte de Rency , à des pensées philosophiques.

Ces hommes riches , libres et sans asile ; parlant de puissance lorsque le glaive des lois ('tail suspendu sur leurs têtes , protégeant celui qui leur apportait une sauvegarde ; cette jeune fille qu'il devait trouver piu'e au fond des forêts envahies par le vice , raveiilure chevaleresque où il se trouvait engagé, le souvenir de la beauté d'Aurore,

tout faisait contraste, tout l'animait d'impatience et d'ardeur.

Ses regards cherchaient à apercevoir le J)ut de sa course; elle pouvait être vaine, et cependant l'accent de vérité de Rondart l'entraînait à croire à sa parole.

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