‹ L'ossuaire (volume 2)Chapitre 62 sur 105 · PREMIÈRE PARTIE, GHAP. XV · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, GHAP. XV

Saint- Albin s'élance; tout ce qui s'offre à ses coups tombe et meurt : il lutte corps à corps avec Rondart; sa force est doublée par le souvenir; il frappe en criant : « Ah! » mon père ! mon père ! >; Le chef de Rang- Taloup et quatre de ses plus formidables acolytes restent étendus sur la place. Le corps de Martin Pvondart est élevé sur des pieux, et pendu , aux acclamations de la contrée , au chêne le plus élevé. C'est le signal de mort de ses complices, etTancre de salut du voyageur. (( Allons! mes amis, en avant! à nous le » dernierdes assassins, s'écrie Saint-Albin! » Sa troupe le suit avec ardeur; les brigands n'ont plus de retraite; les lieux les plus escarpés, les ravins les plus profonds deviennent leur tombeau.

Partout assaillis et battus, ils suivent la vallée de Longeval, et regagnent les montagnes; des coups de sifïlet se font entendre

près le cimetière de Montselier et près ie puits (les Martyrs; c*est leur dernier refuge. Là , ils jurent sur leurs poignards de venger la mort de leur chef regretté. Saint-Albin devient leur point de mire ; les murs de ce lieu saint leur servent de barrière, la vénération protège leur audace.

Saint- Albin seul sent redoubler sa rage sur ce théâtre de mort. Il se cramponne à la muraille ; sa troupe entière se précipite et la gravit après lui ; ceux qui sont armés de pioches font brèche , eux et les brigands se retrouvent en présence.. Les pierres et les cadavres tombent; Saint-Albin abat sans compter ; ses braves villageois sont devenus soldats; les meurtriers sont taillés en pièces , et ce lieu, qui recelait toutes les victimes de leur cruauté, voit aiguiser leur dernier poignard. Les habitans avaient purgé leur soi des assassins qui le ravageaient; ils ne voulurent

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