PREMIÈRE PARTIE, CHAP. XVll . iSq
pagna dans ce triste pèlerinage. Mu par le pressentiment de retrouver sa fille, et le desir de réunir ses ceudres à celles d'Eléouore , il franchit avec avidité les âpres montagnes de la Savoie : insensible aux tem])ëîes ({ui 1 assaillent, aux avalanches qui le menacent, son cœur est trop plein \x>uv lui laisser mesurer le péril ; madame <le Monlselier le suit avec dévouement. Les excavations du sol deviennent des précipices, ft la mort tant de fois bravée saisit enfin sa proie.
Un ravin terminé par une mare profonde engloutit les voyageurs.
Au bout de dix jours , un fidèle" lévrier errant autour du lieu où gisait son maitre attira par ses gémissemens l'attention des bergers. Ils donnèrent l'alarme: des seivileurs zélés accoururent : ils ne rocueilliloni que des cadavres. Sur Teau llottaieni
i4o l'ossuaire.
le corps (lu comte et celui de la victime Je Tamitic; les gui4es avaient péri avec eux.
La montagne aride et solitaire des Echelles, qui reçut cette empreinte de mort, en conserve la trace. Ce lieu est encore appelé \e Sault d'Emmanuel.
Le sol qui entourait Montselier semblait attirer à lui le sang comme un tribut.