‹ L'ossuaire (volume 2)Chapitre 73 sur 105 · PREMIÈRE PARTIE, CHAP. XIX. l · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAP. XIX. l

à se saisir de la main d'Aurore , el se met à la recherche de l'issue par laquelle il avail pénétré dans cette affreuse cavité.

Il fait retentir la voûte de ses cris ] sa voix appelle au secours ; mais ses compagnons effrayés étaient loin d'accourir à sa délivrance. Son cri d'alarme ne retentit auprès d'eux que pour précipiter leur fuite.

Gazot , tenant toujours Aurore d'une main et son rameau de l'autre, se dirige vers un souffle du vent. Mais leur route devient à chaque pas plus incertaine : dans les ténèbres, ils marchent au hasard. Leurs pieds foulent des ossemens , ils craquent et se brisent sous leur pression ; ce bruit lugubre est répété par l'écho du vaste souterrain. Leurs mains tremblantes s'attachent aux saillies qu'elles rencontrent; ce sont des fragmens de tombeaux : la poussière humide cl glacée qui les couvre est sans doute la cendre

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de ceux qui y furent déposes. Les oiseaux nocturnes, troubles dans leur retraite, s'envolent effrayés, et viennent les raser de leurs froides ailes.

Enfin le zélé conducteur approche de la trappe , et aperçoit la lueur du ciel étoile. Ils franchissent ce labyrinthe ; Aurore respire l'air de la liberté.

A cette apparition soudaine, les villageois se jettent le visage contre terre en fixant avec un saint respect celle qu'ils croient ensevelie dans la nuit du cercueil.

Gazot, assuré de son succès, ramène en triomphe la jeune comtesse au prieuré de Saint - Albin. L'étonnement y fut grand. Il fit ensuite le récit de ses exploits, et le prieur s'occupa des moyens de veiller à la conservation de Matiiilde.

En apprenant que Saint -Albin vivait encore , elle se sentit renaître : ses gestes

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