PREMIERE PARTIE, GHAP. IV. /[l
s'empressa de se rendre près d'Emeline.
Le désespoir de Charles , en apprenant le départ de mademoiselle d'Orsac, en dévoila la cause. Madame Delville frémit de son imprévoyance ; elle lui enleva une amie ; toutes relations cessèrent entre elle et madame de Mirande.
Emeline fut heureuse de quitter un séjour où elle ne trouvait plus le calme d'un toit de famille .
Tous les projets d'une imagination ardente fermentèrent dans la tête de Charles; il voulut mourir, puis il vit le bonheur dans la gloire ; il rêva l'illustration des armes ; il se fit soldat.
Le général d'Orsac quitta le service et se fixa dans ses terres ', il y passa près de sa fille le temps de son deuil.
L'année suivante , il fit une excursion à Paris. Il y trouva Edouard d'Elvane : il avait
42 LOSSUAIRi;.
é lé son patron; il connaissait son courage, il appréciait son caractère , il avait éprouvé son cœur; il souhaita devenir son père. Les convenances de famille, la parité de fortune, tout rendait Tunion du jeune colonel et d'Emeline assurée : « car , disait le général , » vous devez aimer ma charmante enfant et )) vous ne pouvez manquer de lui plaire. »
D'Elvane accueillit avec joie la proposition de son vieil ami.
C'est dans les montagnes où il retournait toujours avec plaisir, qu'il donna rendezvous à Edouard.
Emeline était heureuse ; elle ne souhaitait pas une autre existence ; elle redouta de ne pas trouver dans le colonel d'Elvane la réalité de ses rêveries de coeur. Lorsqu'on craint on est hien près d'aimer.