CHAPITRE VI
rabieu.
Les momens d'angoisse sont des siècles : Emeline voyait avec effroi les soupçons du colonel ; elle avait été heureuse de son amour , elle sentait que le bonheur de sa vie était attaché à son union avec lui.
D'Elvane la fixait avec tristesse , il vit qu'elle l'avait compris : il attendit le soir pour la juger. Elle se rendit à la serre pour la deiaiière fois.
Charles alla au-devant de sa résolution : — Je sais tout, dit-il avec amertume, j'ai vu cet homme qui vient m' arracher la vie , j'ai vu ses regards, j'ai lu dans les vôtres... Je n'ai plus besoin d'asile ! Quoi ! n'était-ce qu'à la pitié que je devais un dévouement si tendre ? aveugle que j'étais !
— Monsieur, j'ai eu un tort; votre présomption me le fait apercevoir : fuyez, vous le pouvez sans danger , votre secret troublerait lotite mon existence.
— Demain, je n'y serai plus. Oh! donnez-moi quelquefois une larme !
Avant qu'Emeline pût se retirer, il se précipita à ses pieds, saisit sa main et la pressa sur ses lèvres. Elle se dégagea et s'enfuit.