PREMIÈRE PARTIE, CHAP. VU
Joseph s'offrit pour remplir la mission forestière; il en fut chargé. Il faisait halte à Peirebeilhe, pour être le lendemain de bonne heure à sa destination et revenir coucher le jour suivant au château.
Outre la somme qu'il avaiten porte-feuille pour ses emplettes, il portait un sac assez bien garni.
L'hôte Texcitait à boire , les filles l'agaçaient, la mère regardait r heure avec impatience ; on le faisait causer. On devinait qu'il était une bonne capture , sans pouvoir lui faire dire positivement le but de son excursion... pour le dragon un ordre était une consigne.
Les questions de Taubergiste devenaient plus pressantes , la soirée s'avançait , on venait de déboucher un flacon de réserve.
— A votre bon sommeil... dit Calheline en étendant le bras pour trincpiei"... mais
depuis un moment Joseph était pensif j il ne fit pas raison au toast. Il avait enlendu le valet dire à Leblanc, en remontant de la cave : — Vous pariez trop, nous le manquerons , il se débattra ... — ]Nou, non, et comme hier , à minuit ! . . .
Joseplî se remémora tout à coup les entrayes de sa première halte j il jeta un coup d^œil autour de lui. Le valet boutonna sa veste. . . il j avait du sang ! . . .
La porte ferrée ainsi que la poterne d'un, fort , les grilles des fenêtres, lui parurent comme la découverte d'une embuscade.
— Eh bien î vous boudez la bouteille ?
— Je pense que j'ai fait une grande sottise en m'arrétantici; je pourrais lapajercher. . . dit le dragon en regardant fixement l'aubergiste.
Le valet se rapprocha; le groupe se resserra