PREMIÈRE PARTIE, CIIAP. VU
autour (lu maître; la même expression crispait tous les visages.
— Que Youlez - vous dire ? le viu vous monte au cerveau sans doute ! ... et les yeux de Leblanc étaient féroces.
— Oh que non ! ma tète a soutenu le fumet de la poudre ; elle est solide et c'est justement pour cela que je m'en veux de mon maudit oubli... Tenez, monsieur Leblanc, vous pouvez me rendre un service : je vais à Bauzon, acheter des arbres, je n'ai pensé qu'à cela et j'ai une forte recette à faire pour mon maître à Mazan; il n'est pas patient et, mille pipes ! si je ne suis pas à mon poste dans deux jours à son lever, gare le bruit... heureusement il est encore temps : je vais remonter à cheval, et puis..,
— Dites toujours, nous vendons. ..
— Oh ! murmura le valet , vous en aller... ce moyen -là...
— Oui, la manœuvre est bonne, pourvu qu'elle soit menée avec prudence, et voilà où il faut que vous aidiez le mouvement : j'ai cinq cents francs pour mes achats; c'est un mauvais bagage de nuit , je vous laisse la somme , je suis à Bauzon au point du jour ; je conclus mon marché , je vais faire ma recette , je paie en repassant ; je reviens après demain coucher ici, et le matin à dix heures, jeserai au cantonnement...
— Comment donc ? nous sommes bien à votre service.
En un instant, Joseph ouvre sa petite valise, et dépose sur la table le sac d'argent et encore quelques pièces d'or qu'il avait dans son gousset.
— Vous ne gardez rien ? dit la femme.
— Je n'en ai pas besoin, j'en vais chercher.
— A revoir, bon voyage, nous tiendrons votre souper prêt. — Comptez sur moi...