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PREMIÈRE PARTIE, CHAP. VII. 7I

Le cheval était bridé , la porte ouverte ; Joseph monta en selle et piqua des deux. Sa présence d'esprit venait de sauver sa vie. . . un billet de mille francs lui restait, il n'avait pu mieux faire : il n'avait pas d armes.

Le brouillard du matin descendait de la montagne quand le cavalier entra dans le bois de Bauzon. Des bûcherons allant commencer leur journée, lui indiquèrent la route de l'ancien manoir seigneurial : auprès de ces nobles ruines, était la petite maison du concierge-régisseur .

Joseph sécha ses habits et parla d'affaires.

Il choisit sou bois, martela chaque arbre, convint du prix de transport , paya et prit quittance. Il coucha chez le concierge. En s'étendant dans un lit hospitalier, il pensait à celui qu'on lui préparait la veille à Peirebeilhe.

— Quelle escarmouche ! . . . c'était pire

qu'une bataille. . . Il s'endormit dans ces pensées, et, malgré sa fatigue, un cauchemar troubla son sommeil. Toutes ces figures semblaient se mouvoir autour de lui; il les voyait sanglantes; il se sentait étreindre la poitrine ; puis les jeunes filles se changeaient en serpens, elles 1 enlaçaient; il sentait leurs morsures... 11 se réveillait en se débattant et toujours se rendormait en murmurant (( Quelle escarmouche ! »

Le lendemain, il vit charger les chars , puis il partit. Il se dirigea par une route de chasse sur Concoules. De là, à travers la montagne, il atteignit Lesperon, en laissant sur la droite le chemin qu'il avait suivi la veille. Il avait changé son itinéraire pour faire une emplette qui manquait à ses projets.

Quelques charrues se dessinant dans les nuages , s'apercevaient au loin sur les pla-

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