‹ L'ossuaireChapitre 31 sur 65 · PREMIÈRE PARTIE, CHAP. IX. yy · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAP. IX. yy

— Le maire de Larnace et le brigadier de la gendarmerie demandent à parler à monsieur.

— Conduisez-les à la bibliothèque , priez ma sœur de s'y rendre, et faites venir Joseph. Accompagnez-moi , colonel.

Le maire expliqua le motif de sa visite : le respect qu'il portait au général lui avait interdit de briser le cachet d'un écrit sous Tégide de son nom, mais il attendait de lui une communication qui pouvait guider les recherches de la justice. La lettre de Charles Duricefut remise au père d'Emeline.

D'Elvane aurait voulu saisir cet écrit et le dévorer dans la solitude; il frémissait d'impatience et d'angoisse.

Madame de Mirande n'était émue que de pitié pour le malheur; elle était sûre d'Emeline.

— Messieurs, à mon insu, ce soldat avait

reçu asile dans ma maison j la lettre qu'il adresse à ma fille, la folle passion qu'il avait osé concevoir , Fimprudente pitié d'une ame candide, auraient pu faire naitre d'étranges et offensantes idées. Cette lettre doit nécessairement les détruire; je remplis le devoir d'un père en vous la lisant.

Le moment fut solennel où il brisa le cachet apposé par une main refroidie.

Le général lut d'une voix forte , parfois plus accentuée , et enfin un peu émue , les adieux de la victime.

Madame de Mirande fondait en pleurs ; elle ne mettait pas d'orgueil à cacher son ame.

D'Elvane était dans un état d'exaltation qu'il contenait avec peine.

— Il est évident par cet écrit, dit le maire, que le jeuneDurice s'estsuicidéi Ecrivez que, d'aprèsla communication qui nous a été faite

Page 1