PREMIÈRE PARTIE, CHAP. IX, t)C
par monsieur le général d'Orsac,en présence de témoins , les aubergistes de Peirebeilhe sont entièrement déchargés de toute enquête, et que le déserteur s'est donné la mort.. . et le greffier écrivait...
Ainsi , le testam.ent de douleur du pauvre Charles disculpait à la fois la vertu la plus pure et le crime le plus audacieux .
L'enquête était finie.
— Je vais défaire les malles , dit tout bas Joseph à son colonel .
Aussitôt qu'ils furent seuls , d'Elvane se précipita vers son vieil ami.
— Oh ! pardonnez ; madame , vous si bonne , priez pour moi ; une vie consacrée au bonheur d'Emeline ne suffira pas pour eflfacer mes torts.
— Tâchez d'obtenir le pardon de ma fille, et je veux bien vous tendre la main ; tenez ,
lOO L OSSUAIRE.
portez-lui cette lettre; les voeux des niourans sont sacrés.
— Gardez bien ce lugubre legs, colonel, dit madame de Mirande , il doit être un talisman contre rinjustice,et surtout rendez mon Emeline heureuse.
— Je le jure ! répliqua-t-il , en posant la main sur son coeur.
La bonne tante conduisit Edouard auprès de sa nièce: — Nous lui avons pardonné, mon enfant , vois si tu veux ratifier le traité.
— Quoi ! ma tante. . . mais. . .
— Mais... écoute-le.
Ce fut à genoux que d'Elvane s'expliqua , et qu il remit à Emeline le sceau de deuil qui ranimait tant de vies.
Elle aimait, elle pardonna.
Les détails du refuge du déserteur furent alors redits en famille ; ou plaignit