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PREMJÈRE PARTIE, CHAP. II. I

par ces émotions de jeune fille ; je te plains et ne te raille pas.

— Vraiment oui , je vous le conseille, ma soeur, elle est bien malheureuse; un bel officier, brave cpmme son épée , riche , généreux quitte les plaisirs de Paris pour venir au fond d'une province faire sa cour à mademoiselle ; il faut la plaindre Allons ,

mon enfant , plaisanterie à part , ne ride pas ainsi ta douce figure ; tu me ferais regretter mon invitation à mon jeune camarade.

Emeline embrassa son père et serra Ja main de sa tante. Une femme seule pouvait comprendre son malaise.

— Aussi , mon frère , pourquoi lui avoir annoncé un prétendu ; elle n'aurait pas ce tourment d'avenir, elle aurait paru avec bien plus d'avantage.

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— Oh ! sans doute ; elle ne s'en serait pas clouté !

— Au moins elle aurait pu ne pas en avoir Tair, dit la tante avec un peu d'impatience.

— Ah ! que voilà bien les femmes !

• — Mais , mon père , serez-vous bien aise d'avoir une fille sotte? Ce sera pourtant votre lot, ditEmeline avec une petite moue j car sachant ce qui amène votre ami , je ne lui ferai certainement pas un gracieux accueil ; il prendrait pour de l'enthousiasme les politesses de la petite provinciale.

— Bon, bon , fais comme tu voudras; je ne m'en mets pas en peine; arrange cela avec ta tante , dit-il en riant. Ah! ma foi! le voici.

En effet , une voiture entrait dans la cour du château ; c'était le colonel d'Elvane.

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