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CHAPITRE X

Sur cette terre de commotions , qui a vu ruisseler le sang du meurtre, la nature n'a qu'un sourire dans l'année j mais il est vif et brillant: au printemps, jusque dans les fentes des rochers de l'ardèche; on voit surgir des buissons fleuris } du milieu des bruyères s'élancent des tiges portant des pétales éclatantes qui se ba lancent comme des ai grettesj autour des arbres serpentent mille liens odorans ; dans les prés et sur le gazon se groupent des corbeilles aux couleurs variées.

L'herboiisation, dans les gorges de ces montagnes , est remplie d'attrait : le pâtre, avec sa cabane parée de verveine, semblerappelerla tradition des pbiltres. Cette plante, selon les croyances populaires, i-éconcilie les ennemis; c'éiahYhiérobotiire des druides.

Le chardon, qui donna naissance à l'ordre de Saint- André, institué par Hungo, roi des Pietés, paraît avoir été implantée sur ces sommets. Le vieux proverbe ,

3 "7 s NOTES.

Personne ne tn offense impunément, est une devise dont cette fleur a été l'emblème surplus d'un écusson.

La rue, si vantée par les poètes et qui était employée dans les conjurations magiques, s'y trouve en abondance; de même que le collclias, plante épineuse que Commerson a ainsi baptisée du nom de Collet, l'un de ses ennemis.

Dans ce jardin montagneux croît la mandragore , remède narcotique et dangereux; son odeur repousse la confiance , comme la prudence , le sommeil sous le toit d'un ennemi. Le Petit'Albert annonce à la crédulité : « que la mandragoi'e, enveloppée dans un lin- » ceul, devient un talisman de bonheur. ■ La perce-neige paraît au milieu des frimas dé l'Ardèche comme un drapeau d'espérance.

\I archourou , laurier dont la semence violette s'infiltre avec son amertume dans la chair de l'oiseau qui s'en nom-rit, et le préserve ainsi de l'attaque des hommes, croît près desmélèses et des baumiers.

L'industrie agricole , en utilisant les landes infertiles de ces monts^ y a implanté un bienfait. Sa main , en semant le pin sur les montagnes, A préparé un ombrage salutaire au phthisique qui vient respirer sous sou

ombre 5 les exhalaisons de l'arbre résineux sont: pour les poumons affaiblis un dictame ; de petites croix ont été souvent plantées par le montagnard venant remercier Dieu des forces puisées dans une production de la

terre,

Sercyon, qu'on nommait leplœur de pins et dont les temps fabuleux nous retracent les cruautés , attachait à la cime recourbée de ces arbres les infortunés qu'il dépouillait; les branches abandonnées ensuite à leur impulsion , se redressaient et mettaient les victimes en lambeaux. Cette tradition donna naissance au supplice de l'écartelage... Les racines du pin , de cet arbre des cercueils, ont souvent caché, dans leurs profondeurs, les crimes enfouis des assassins de Peirebeilhe.

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