PREMIERE PARTIE, CHAP
rait difficile de la juger avec impartialité.
Le lendemain , de bonne heure , il ouvrit sa fenêtre. Il allait pousser les persiennes pour jouir de la vue pittoresque des montagnes, lorsqu'il aperçut Emelinedans le parc. Il resta derrière ses relranchemens et l'observa avec attention.
Elle leva la tête vers la maison comme pour voir si tout y reposait. Elle était bien jolie sous son grand chapeau de paille. Les plis de son peignoir blanc étaient retenus par une ceinture bouclée. Le négligé d'une jeune personne n'a jamais rien de vague , et sa taille ressortait avec élégance.
Un petit panier était passé à son bras ; elle tenait une clé qu'elle faisait négligemment tourner en marchant. Elle traversa , malgré la rosée , le gazon à l'anglaise qui était devant le château , et se dirigea avec vitesse vers un jardin séparé du parc par
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une grille. Elle s'enfonça dans un bosquet , en tournant encore une fois la tête, et disparut.
La girouette d'un pavillon se laissait voir à travers le feuillage. — C'est là qu'elle va , pensa d'Elvane.
11 fit sa toilette, toujours regardant s'il voyait revenir Emeline. Elle reparut au bout d une demi-heiire. Elle avait l'air ému j un petit panier était encore à son bras , mais ce n'était pas le même; la clé était toujours dans sa main , mais elle ne jouait plus avec.
Le colonel ne put résister au plaisir d'avoir son premier regard. 11 se mit à sa fenêtre ; elle lui rendit d un air riant son salut.
Il connaissait les habitudes de son ancien général; il se rendit à la bibliothèque et Vy trouva; sa fille était près de lui; il la tenait