‹ L'ossuaireChapitre 9 sur 65 · PREMIÈRE PARTIE, CHAP. IJI · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAP. IJI

clans ses bras; eUe baisait ses cheveux blancs. D'Elvane fut ému : il avait été bon fils.

Une course de chasse , une partie de billard, un diner prié où furent réunis les voisins de châteaux, remplirent la journée. Le soir on fit de la musique. Emeline chanta ; elle n'avait pas un talent de virtuose; mais sa voix douce et argentine allait à famé. Le colonel fit résonner le salon des montagnes des brillantes partitions des opéras nouveaux .

Emeline s'éclipsa comme le soir précédent. D'Elvane le remarqua; il attendit son retour avec impatience.

Lorsqu'elle rentra, elle s approcha de la cheminée et chauffa ses petits pieds, comme quelqu'un qui vient de s exposer au froid.

D'Elvane fixa sur elle un regard observateur ; elle en parut troublée.

Olte journée avait acbevé la conquête du

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jeune colonel ; il sentit qu'Emeline serait son dernier amour. 11 avait Tassentiment paternel ; la tante le trouvait charmant; la jeune personne semblait Técouter avec plaisir; il entrevit une vie de bonheur et de paix. Une pensée vague troublait seule ses souhaits d'amour. L'embarras d'Emeline après ses courses du soir ne lui avait pas échappé. Il se promit une surveillance d'où dépendait son avenir. La femme quilierait sa destinée à la sienne devait lui inspirer une entière confiance. Cette sécurité pouvait seule détruire son penchant à la jalousie ; il ne l'avait pas éprouvée en amour, mais il sentait que dans lé mariage elle s'emparerait de son ame ; c'était une jalousie dlionneur.

Le lendemain , il épia Emeline ; même course matinale. Il fut troublé. — Auraitelle un secret ? penjâi-t-il.

Pendant plusieurs jours le colonel lit les

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