‹ L'Ostéo-Arthrite déformante juvénile: et les Modifications tardives (champignon, tampon de wagon) de la Tête fémorale, dans les Luxations congénitales réduites par la Méthode non sanglanteChapitre 10 sur 64 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ANATOMIE DE LA HANCHE LUXÉE CONGÉNITA- LEMENT AVANT ET APRÈS LA RÉDUCTION NON SANGLANTE.

Après avoir vu quelques points d'anatomie normale, il nous est utile de connaître l’anatomie d’une hanche luxée avant et après la réduction. Majnoni d’Intignano a contribué à l'étude de cette question - dans sa thèse inaugurale. Dans cette courte description, nous nous inspirerons souvent de ce travail.

Avant la réduction. — Les modifications portent à la fois sur le fémur et l’os coxal. Le fémur, dans sa totalité, est plus grêle que normalement, plus perméable aux rayons X, il est donc atrophié et moins calcifié. Le point céphalique est plus petit; chez des enfants de quatre ans, il peut n’atteindre qu’à peine le développement de seize mois; on retrouve, là encore, un trouble d’ostéo-genèse. Le noyau n’occupe souvent plus sa place habituelle à l’extrémité cervicale, il est. rejeté le plus fréquemment en haut et en dehors. Le col peut lui-même être légèrement redressé en coxavalga, et ainsi se trouve augmenté l’angle de déclinaison. A me L’aile iliaque est redressée, moins creusée; le cotyle

RQ Ve

est toujours atrophié, rudimentaire; on peut noter son absence complète et ne trouver à se place qu'une simple fissure d’où part le ligament rond. Toutefois, il existe presque toujours et peut prendre la forme d’une cupule ou de la « glène de l’omoplate» (Nové- Josserand). La cavité cotyloïde prend souvent la Torme triangulaire, chaque côté du triangle correspond à un point d'’ossification. « Le sommet se dirige en avant et en bas, la base est formée par le bord postéro-supérieur, qui est plus développé que les autres ».

La cavité cotyloide est vide ou non occupée en totalité par la tête fémorale qui, ou bien est à cheval sur le toit de la eavité, ou bien prend appui sur une autre partie de l’ox coxal. La région nouvelle où porte la tête fémorale prend le nom de néo-cotyle. La tête en glissant, d'après Nové-Josserand, refoule le fibrocartilage, l’aplatit et, sous l'influence de la pression, l'étale et le fait adhérer à l'ion. Dans son déplacement, la tête fémorale entraîne la capsule et la partage en deux loges: l’une est occupée par la tête, Fautre -est vide et correspond au cotyle. Ces deux loges, par rétraction de la capsule, peuvent se séparer et donner la capsule en sablier. Heusner a trouvé cette disposition sur un sujet très jeune. Enfin, le ligament rond se trouve allongé proportionnellement au déplacement; tantôt 1l est grêle, tantôt il est épaissi. Le ligament rond peut faire défaut dans un emquième des cas, d'après Hoffa. Lorenz a montré sa persistance Jusqu'à l’âge de trois ans, mais sa disparition dans la suite serait la règle. , |

À près la réduction. — La réduction met en contact deux extrémités qui se coaptent mal; l’orientation des surfaces articulaires est défectueuse: de nouvelles déformations en sens inverse vont se produire et compenser celles qui existent. Il faut considérer deux ordres de faits : ceux résultant de la réduction immédiate; ceux résultant des changements tardifs. La mise en place de la tête dans le cotyle a pour effet de Supprimer l’allongement de la capsule et du ligament rond, de ramener, ainsi que le montre une autopsie de Nové-Josserand, le fibro-cartilage à sa place normale. Ce dernier arriverait assez vite à un état qui lui permettrait de retenir la tête, et celle-ci peut faire le modèlement du cotyle, grâce à l'appareil plâtré et à la pression statique après l’ablation du plâtre. Le cotyle ainsi modelé peut ne pas se différencier d’un cotyle sain.

Plusieurs cas sont à considérer pour suivre les modifications anatomiques dans le plâtre et hors du plâtre.

Si la réduction a placé le point céphalique au-dessous du cartilage en Y, lemboîtement est bon. Pour obtenir ce résultat, il se peut que le col se soit légèrement infléchi ou bien que le point épiphysaire se soit légèrement luxé soit en bas, soit en haut. Dans la suite, le cotyle se creusera bien, mais on aura souvent une grosse tête ronde et un col un peu court.

Si, après l’opération, le point céphalique est resté élevé dans la cavité cotyloïde, le bec bute contre le fond du cotyle et le point céphalique déborde le toit en haut et en dehors. Le maintien se fait par butée de l’extrémité interne. La tête sera plus développée

à sa face externe et le cotyle ne se creusera pas, il restera petit et sa concavité regardera presque directement en bas.

Si le point céphalique reste élevé, le col s’imfléchit, le cartilage diaphyso-épiphysaire devient oblique et la face interne de la tête tend à être parallèle au plan de glissement du cotyle éculé. La tête, mal maintenue, se reluxe, et naturellement le cotyle reste petit.

Pendant la réduction, il peut se produire une décapitation du col, le moignon cervical s'engage alors dans un cotyle qui, quoique petit, suflit pour le retenir. L’appui est assez solide, mais on n’observe pas le modèlement du cotyle.

L’atrophie constatée avant la réduction disparait dans les années qui suivent l’opération.

L’antéversion existe fréquemment avant et après la réduction. Pour Le Damany, cette antéversion est la déformation constante, primordiale, dont la luxation est la conséquence. Une modalité du traitement de la luxation a été basée sur ce fait par cet auteur. Le Damany met un sous-cuisse, sur lequel se fait la détorsion de l'extrémité supérieure du fémur par le mécanisme du levier du premier genre.

Page 1