IDENTITÉ DES DÉFORMATIONS DE L'ÉPIPHYSE
FÉMORALE SUPÉRIEURE, SURVENUES CHEZ LES ANCIENS LUXÉS CONGÉNITALEMENT ET CH£Z LES MALADES ATTEINTS D'OSTEO-AR- THRITE DÉFORMANTE JUVÉNILE.
Nous avons suffisamment insisté sur les caractères cliniques et radiographiques de l’O. A. D. J. pour que cette partie de notre travail soit une simple revision de tout ce que les processus déformateurs ont de “commun.
L’étiologie est aussi indéterminée dans un cas que dans l’autre; les quelques faits que nous avons pu établir sont semblables : la fréquence proportionnelle à la minutie des recherches, la prédominance de latteinte des garçons, l’âge auquel apparaissent ces modifications et sa coïncidence avec l’époque des ostéomyélites de croissance.
La bilatéralité paraît un peu plus rare dons PO. A. D. J.; mais nous avons dit que la proportion admise était un peu plus faible, tandis que le pourcentage dans les luxations est peut-être un peu élevé à cause du nombre restreint des observations.
Dans ces deux affections, le passé pathologique des sujets est très peu chargé; il s’agit d'enfants normaux, bien constitués dans presque tous les cas; cependant, deux influences semblent être communes : l’état infectieux et l'insuffisance endocrinienne.
Dans l'O: A. D. J., 99% des malades accusent un traumatisme. plus ou moins éloigné; nous avons-montré le peu de cas qu’il fallait faire de ces soi-disant traumatismes. Un sujet, se sachant ancien luxé congénitalement, est beaucoup moins porté qu’un individu ayant toujours eu une ‘hanche saine à à rapporter les quelques légers phénomènes ressentis à une cause extérieure quelconque.
La symptomatologie est la mème; déjà très frustre pour FO. A. D. J., elle l’est encore plus pour la luxation congénitale; nous croyons qu’il faut voir là la même cause que. DNA l’ancien luxé, sachant qu'il a une hanche anormale, ne se préoccupe pas des légers phénomènes qu'il ressent et n’est vu que tardivement, alors que les symptômes se sont amendés. Nous ne devons pas oublier que des cas graves ont pu être observés chez les anciens luxés.
La fièvre n’a jamais été rencontrée chez les anciens luxés porteurs de déformations, probablement parce qu'ils sont vus tardivement. Dans le cas où une appendicite aiguë a marqué le début des modifications, il est impossible de savoir si ce qui se passait du côté: de l’appendice devait être seul mis en cause. FF
Les douleurs ont les mêmes caractères: fugacité, irrégularité, apparition à la fatigue. La fonction endo-
MR
crinienne peut être mise en cause. La claudication est aussi inconstante et présente les mêmes caractéristiques. Le signe de Trendelenbourg peut être décelé: L’atrophie musculaire existe dans les deux cas. Les mêmes mouvements ont leur amplitude diminuée: abduction, rotation interne, flexion passive. L’impotence nca peut se rencontrer.
Le spasme musculaire, l’empâtement de la région de la hanche ne sont pas décrits chez les anciens luxés, mais ils sont exceptionnels dans FO. A. D. J.
Dans ces deux affections, la tête fémorale peut faire. saillie, le trochanter peut être remonté: La coxa-vara, la coxa-valga se rencontrent avec la même Fate Le membre peut être raccourci.
Les caractères radiographiques présentent la même similitude. On retrouve la décalcification, la recaleification partielle, plus ou moins parfaite. Le cotyle semble pouvoir être intéressé par la décalcification et devenir DRAuser Enfin, le noyau osseux et l’épiphyse montrent, à la fin de la période d’ état, les mêmes Her
Dans les deux cas, le cartilage conjugal peut être invisible du côté malade, alors qu'il est très net du côté sain.
Tous ces faits sont en faveur de P identité des deux processus.
L’histologie pourrait prouver cette identité; malheu- reusement, l'anatomie pathologique est peu avancée dans un cas et nulle dans l’autre.
Les examens du sang et les prélèvements faits
quelquefois dans l’O. A. D. J. n’ont jamais été pratiqués sur les anciens luxés; on ne peut donc en tirer aucun enseignement. |
La possibilité de réveil des deux affections, le peu de force des arguments pathogéniques invoqués en faveur de ce processus inhérent à l’évolution de la hanche réduite, renforcent notre hypothèse.
© Ilest bon aussi d’ajouter qué certains auteurs nient cette identité, alors que l’O. A. D. J. était très mal connue et que d’autres la rejettent a priori, sans en donner les raisons.
Le fait que les déformations peuvent ne survenir que d’un côté, alors que l’ancienne luxation était. double, les observations de Perthes, Schwarz et ‘de Brandes, qui montrent que sur un même sujet les. déformations de l’O. A, D. J. peuvent se reproduire du côté anciennement sain, alors que le côté réduit reste ménagé, prouvent que les modifications de lépiphyse sont dues à un phénomène indépendant de la luxation. :
Brandes rapporte, en effet, l’observation d’une malade de six ans dont la luxation congénitale gauche. a été réduite le 9 janvier 1913, et qui, le 17 janvier 191%, alors que l’articulation gauche était parfaitement normale, présentait du côté droit une boiterie légère. La radiographie faite à cette époque montra une hanche gauche normale, tandis que du côté droit la tête et le col étaient tassés, rapetissés, et le noyau épiphysaire semblait partagé en trois fragments : un médian plus grand que les deux autres.
Les modifications tardives de lépiphyse fémorale chez les anciens luxés congénitalement sont dues « à
une maladie qui frappe la hanche réduite » (Nové-
Josserand). Pour nous, cette maladie n’est autre que FO: AD. 3: |
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