‹ L'Ostéo-Arthrite Tuberculeuse: Compliquant la Luxation Congénitale de la HancheChapitre 9 sur 32 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

(DELANGLADE, Thèse de Paris 1899.)

Marie T..., 8 ans, entrée le 27 janvier 1896.

Père et mère bien portants. Quatre autres enfants, deux plus âgés et deux plus jeunes tous morts. Tous ont marché tard vers 1$ mois, mais aucun d’eux ne boitait. Pas d’autre

vice de conformation dans la famille. Grossesse et accouchement sans accident. Présentation du sommet. Nourrie au sein par sa mère pendant trois mois, puis au biberon. Levée vers 15 mois. Rougeole à 3 ans. Pas d'autre maladie de l'enfance. Commence à marcher vers 16 mois en canard. Elle présentait pendant les premières années une forte ensellure qu’un corset aurait fini par corriger. Jusqu’à l’âge de $ ans elle n’a jamais souffert. Elle se fatiguait seulement plus vite que ses frères et sœurs. Il y a trois ans, a éprouvé au niveau de la hanche et du genou droits des douleurs qui l’ont obligée à garder le lit pendant huit jours: puis elle est restée bien jusqu’à il y a un mois. La mère a remarqué qu’elle trainait depuis quelque temps la jambe droite, qu’elle s’appuyait davantage sur elle. Puis ont apparu des douleurs d’abord le soir après une journée fatigante, puis toute la journée et depuis dix jours elle ne peut plus marcher du tout.

Etat actuel, 31 janvier 1896. — L’enfant ne peut être examinée que couchée à cause des phénomènes d’arthrite du côte droit.

L’extension continue, appliquée depuis son entrée à l'hôpital, a fait cesser toute douleur : mais la hanche est absolument raide. C’est à peine si l’on peut passivement et doucement lui donner des mouvements dans une amplitude de 30°. La fillette est incapable de la mouvoir sans entraîner simultanément le bassin. La région est gonflée, dure ; sous les téguments apparaît uu lacis veineux plus développé qu’à l’état normal. Il est facile de déterminer au palper la situation du grand trochanter, dont la position par rapport à la ligne de Nelaton ne peut être envisagée à cause de l'impossibilité de fléchir la cuisse. La tête paraît être en avant, entre le cotyle normal et l’épine iliaque antéro-supérieure, mais au milieu du gonflement, elle ne se détache pas du col avec une netteté égale à celle du côté opposé. En avant, elle est douloureuse à la pression en un point fixe, à deux travers de doigt et demi au dessous de l’épine iliaque. Les ganglions du pli de Paine droit sont certainement plus nombreux et plus volumineux que ceux du côté gauche.

A gauche, luxation en haut et en avant évidente: le bord

supérieur du trochanter està un centimètre au dessus de la ligne de Nelaton. La tête est dans l’extensiontrès en avant, à un travers de doigt de l’épine iliaque antéro-supérieure. De ce côté, tous les mouvements, mème labduction, surtout l'extension et l’adduction sont exagérés dans leur amplitude. Les deux cuisses sont éloignées de deux bons travers de doigt à leur partie supérieure quand les malléoles internesse touchent. Les muscles de la cuisse sont atrophiés des deux côtés mais certainement plus à droite.

Le bassin s'incline à droite, d'où allongement apparent de plusieurs centimètres. En réalité, le membre inférieur droit est plus long que le gauche d’un centimètre seulement. De l'épine iliaque au sommet de la malléole, 61 centimètres $ à droite, 60 à gauche. Bon êtat général. Pas d’autres vices de conformation ni d’autres lésions.

OBSERVATION III (Rouvier, Bulletin de la Socièté de chirurgie, 1858-1859.)

Euphrasie B... $ ans et demi. Elle a êté affectée il y deux ans envirou d’une coxalgie du côté droit pour laquelle on a fait une large application de caustique de Vienne sur le grand trochanter: onen voitencore la cicatrice. J'ai constaté au mois de noveinbre de l’année dernière, qu’il existait un raccourcissement apparent du membre inférieur droit. Mais en janvier la la hanche gauche fut prise à son tour; ily eut des douleurs très vives et le membre inférieur gauche naguère plus long que le droit devint peu à peu plus court. Je reconnus en effet le 20 mars qu’il y avait raccourcissement à gauche et jetrouvai de ce côté tous les signes d’une luxation iliaque. Aujourd’hui les douleurs out cessé :la luxation est des plus évidentes, Les deux cuisses offrent un certain degré de flexion, moins marqué du côté droit:la cuisse gauche est en outre dans Padduction et la rotation en dedans : la droite dans l’abduction : celle-ci ne paraît présenter qu’une position vicieuse sans luxa-

De VUE

tion. On rencontre au côté externe de chaque cuisse un petit abcès superficiel indolent. L’enfantest hors d’état de marcher seule: mais elle fait quelques pas avec ses béquilles.

La mère de cet enfant a été interrogée par M. Morel- Lavallée, $

Les réponses d’abord hésitantes de cette femme sont devenues ensuite plus décisives. Ainsi, après avoir dit que l’enfant marchait comme tous les autres enfants, elle a fini par déclater qu’il ne marchait que le corps fortement renversé en arrière et qu’il tombait avec une extrême facilité, De telle sorte qu’il est permis d'admettre l’existence d’une luxation congénitale.

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