‹ L'Ostéoclasie par perforation préalable sous-cutanée dans le redressement des courbures rachitiques des membres inférieursChapitre 10 sur 15 · RES |: RS · texte numérisé non relu

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dation plus fréquents qu’en d’autres points du squelette, qui supportent mieux l'intervention.

Confirmant la possibilité de ces retards de consolidation et de pseudarthrose, voici une observation d’un enfant arrivé le 10 avril dans le service du D' Boppe à Saint-Louis.

Enfant Pierre D..., né le 5 novembre 1925.

Entré au sanatorium de Roscoff en mai 1930.

Examen le 28 mai 1930: enfant de constitution moyenne, présente de nombreux stigmates de rachitisme : grosse tête, gros ventre, chapelet costal, nouures discrètes des poignets. Tibia droit présentant une déformation, courbure à convexité antérieure dans le tiers inférieur.

Première intervention le 8 mai 1931 : ostéotomie cunéiforme du tibia droit et botte plâtrée.

Le 7 juillet, après ablation du plâtre, le cal est encore mou. Une botte plâtrée est refaite.

Le 3 septembre 1931, après ablation de la botte, on constate une pseudarthrose confirmée à la radiographie.

Le 25 septembre, 2° intervention . libération des deux extrémités osseuses, un greffon pris sur place dans le fragment supérieur est glissé après avivement dans le fragment inférieur (ostéosynthèse par glissement) ; on lui fait une botte plâtrée ; le 4 juin 1932, les mouvements sont toujours possibles au niveau de la pseudarthrose.

Après avoir soumis l'enfant aux rayonsul tra-violets, on constate en décembre 1932 que la pseudarthrose s’est

reconstituée.

Le 9 mai 1933, 5° intervention: prise d’un greffon de

6 à 7 cm. sur le tibia sain, libération des extrémités osseuses dans lesquelles on creuse jusqu’à la moelle le lit du greffon.

En juillet, le cal est encore mou.

En septembre 1933, appareil de marche genre Delbet avec lequel l'enfant marche jusqu’à janvier 1934.

La radiographie, en janvier 1934, montre un cal non ossifié.

En novembre 1934, elle montre une pseudarthrose.

Le 8 mai 1935, la radio montre les deux fragments atrophiés, effilés, bloqués, écartés de 1 cm. ; le péroné est énorme et incurvé à la fois en recurvatum et en varum.

C'est à cette date que M. Boppe, après incision sur le tibia, pratique des perforations, à la manière de Beck, des deux extrémités tibiales extrêmement friables, sauf au niveau du canal médullaire. incision sur le péroné et résection oblique d’une rondelle péronière de 2 cm. Plâtre en tâchant de refouler au contact les deux fragments

tibiaux.

Aussi certains auteurs ont-ils cherché à réduire les frais et risques opératoires, en redressant l'os à un point donné sans aborder celui-ci à ciel ouvert.

Comme actuellement les moyens manquent, pour ramollir chimiquement un os à l’endroit voulu, ces auteurs ont essayé de produire une lésion traumatique de l'os pour diminuer sa résistance en un point donné et pouvoir alors le fracturer à cet endroit précis.

Le professeur Brandes de Dortnmund a établi que

A ue

la méthode la plus simple pour diminuer la résis-

tance de l’os est celle des perforations multiples.

Historique.

Nous sommes ici obligé de déborder un peu du cadre strict de la question en rappelant comment et pourquoi ont été pratiquées les premières perforations osseuses. En effet, celles-ci n'avaient pas, jadis, été envisagées comme temps préalable du redressement des courbures rachitiques. Néanmoins, nous devons leur consacrer quelques lignes puisque leur technique était celle qu'a repris Brandes pour un autre but et que le rôle que cet auteur assigne aux perforations, en tant qu’excitant de la formation du cal après l’ostéoclasie, a été révélé justement par les premiers auteurs qui les employaient au traitement des pseudarthroses,

Cette notion de perforation des os a été introduite pour la première fois par Dieffenbach en 1846. Cet auteur n’avait d’ailleurs pas pensé à l’utilisation que l’on pourrait faire de sa méthode, en létendant au redressement de l’incurvation des diaphyses rachitiques.

A cette époque, il la décrivit comme une technique destinée à traiter les pseudarthroses : il perforait les fragments osseux à l'aide de perforateurs à main et introduisait ensuite, dans les canaux ainsi créés, des greffes périostiques ; il obtint ainsi des cals osseux

définitifs. Cette: technique fut abandonnée par son

En Me LS

auteur en raison de ses inconvénients : suppurations et ostéomyélites consécutives, à peu près inévitables à cette période où l’on ignorait l'asepsie. Après l’avènement de celle-ci, on reprit la technique de Dieftenbach ; elle fut encore une fois abondonnée, l’asepsie ayant paru tuer la réaction ostéogénétique déclenchée par la greffe périostique.

L’Américain Brainard, de Chicago, en 1854, eut également l’idée de perforer les os pour traiter les pseudarthroses, mais cette fois sans introduction de greffon.

Gürth déerivit cette technique en 1862 : en perforant par un seul orifice cutané et dans plusieurs directions les 2 fragments osseux; de par la réaction locale, l'épanchement sanguin et les petites esquilles osseuses qu’elle provoquait, elle donna dans de nombreux cas de bons résultats sans suppuration.

On retrouve encore cette technique employée par Cludius (1889), par Ollier, Billroth, Gürth. Ces perforations osseuses furent abandonnées lorsque l’asepsie fut courante, car dès ce moment, l'opération sous-cutanée devint inutile et l’on préféra la méthode à ciel ouvert.

Ce n’est qu'en 1929 que Beck reprend cette technique et propose la perforation des fragments d’une fracture mal consolidée, à l’aide d’un perforateur électrique. Par ces manœuvres, il obtint une forte hémorragie locale qui, conjointement avec la production de petits fragments osseux et périostés, possède, selon lui un fort pouvoir ostéogénétique.

J, Cuvillier 2

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