‹ L'Ostéomyélite Aiguë de l'Os IliaqueChapitre 14 sur 31 · RUE · texte numérisé non relu

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tembre les douleurs pubiennes se montrèrent denouveau avec plus d’intensité cette fois, et le malade, incapable de marcher, dut prendre le lit pendant une dizaine de jours ; après quoi, il put marcher de nouveau et rentrer au collège le 1* octobre. Quelques jours après, les douleurs pubiennes revinrent pour la troisième fois, plus violentes que jamais, à la suite d’un coup porté sur la région, et le malade dut prendre le lit. Deux chirurgiens furent appelés : l’un semble, d’après les prescriptions qu'il laisse par écrit, craindre une tumeur blanche de la symphyse pubienne; l’autre à une ostéomyélite et redoute la suppuration. Tous deux prescrivent le repos au lit; et le médecin traitant applique des pointes de feu au devant du pubis. Malgré tout, l'enfant qui ne souffre point lorsqu'il est couché, refuse, un mois encore aprèsle début du traitement, de se tenir debout et de faire un pas.

Je suis appelé le 5 novembre 1895, et je me trouve en présence d’un malade fort et vigoureux, sans fièvre, se plaignant d'une douleur vague au niveau du pubis. Il est couché sur le dos, les cuisses sont légèrement fléchies sur le bassin ; quand on cherche à les étendre, on détermine une douleur assez vive au niveau du pubis droit, et le malade refuse absolument de s'asseoir dans son lit, parce qu'alors la douleur pubienne se montre encore, comme quand on met les cuisses, la droite principalement dans l'extension,

La station debout est très pénible; le malade se couche en avant quand il est levé, appuyant ses mains sur le pubis; la marche est absolument impossible.

À l'inspection, on ne découvre rien d’anormal dans la région pubienne. Le palper de sa face antérieure amène une douleur peu accusée au niveau de la symphyse, mais assez accusée au niveau du corps du pubis droit et de sa branche descendante. L’embonpoint de notre jeune malade ne permet pas de saisir une différence entre le volume du pubis droit et celui du côté gauche.

Le toucher rectal est fort instructif; il permet de recon-

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naître : 1° une douleur très vive à la pression, sur la face postérieure du corps du pubis droit et de sa branche descendante ; 2° aux mêmes points, une tuméfaction dure très appréciable, si on explore comparativement le pubis gauche.

Quand on exerce une pression transversale sur le bassin, on détermine de la douleur pubienne, mais elle se manifeste surtout au niveau de la symphyse.

Notre malade a des envies fréquentes d’uriner et se plaint d’une sensation de brûlure à l'extrémité du gland, une fois la miction accomplie; il n’y a ni phimosis ni balanite capables d'expliquer ces symptômes, et il est rationnel de les rapporter à l’inflammation pubijenne. Les urines sont d’ailleurs en quantité normale; l'analyse n’y révèle aucun élément pathologique.

En présence du tableau symptomatique devant lequel je me trouvais et que je résume rapidement :

Croissance rapide, — douleurs spontanées, persistantes, accrues par la pression au niveau du pubis droit, — constatation très nette par le toucher rectal, d’une ltuméfaction dure, certainement de nature osseuse, au niveau de la face postérieure du corps du pubis droit et de sa branche descendante, — le diagnostic d’ostéomyélite atténuée du pubis, chronique d'emblée dans sa marche, me parut s'imposer.

Je prescrivis le repos au lit, comme mes confrères, et surveillai le malade pendant un mois; il ne présenta pas de fièvre, la tuméfaction pubienne ne changea pas de caractère; au bout de ce temps, la station debout et la marche restaient impossibles ; alors la douleur pubienné se montrait, surtout au niveau de la symphyse qui, très probablement, devait être impressionnée par linflammalion du pubis droit.

Je résolus d’immobiliser le bassin par un appareil silicaté ; dès le lendemain de son application, le malade pouvait se tenir debout sans douleurs, faire quelques pas avec des

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béquilles, bientôt remplacées par des cannes. Au bout d’un mois l'appareil fut levé, le malade pouvait se tenir debout sans souffrances, mais accusait encore quelques douleurs quand il marchait; application pendant trois semaines d’un nouvel appareil, plus léger que le premier, puis substitution à ce second silicate, d’une ceinture élastique avec sous cuisses, embrassant bien le bassin. A la fin d'avril, suppression de tout appareil; le malade marchait normalement.

La palpation du pubis droit, de la symphyse, était indolore; le toucher rectal montrait une hypérostose fort appréciable de la face postérieure de l'os et de sa branche descendante.

J'ai revu le malade en janvier 1897; il est resté guéri, et l'hypérostose du pubis m'a parutrès faible,à peine appréciable ce qui, soit dit en’ passant, n’est point la règle dans l’évolu-

tion des ostéomyélites.

Nous trouvons dans cette observation, réduits au minimum, tous les signes de l’ostéomyélite. Nous n’avons pas retrouvé dans la littérature médicale d’autre cas semblable.

Cette longue évolution de l'affection qui a tourné court, peut constituer le prélude d'accidents plus graves et aux poussées atténuées d’éphysite congestive peut succéder tout à coup une ostéomyélite intense.

B. ForME aiGuë. — Dans cette forme, l'atteinte de l'état général révèle une infection plus grave. Mais cet état infectieux ne constitue pas toute la maladie et les symptômes locaux sont assez nets.

Nous en rapportons un cas tout à fait typique qu’il nous fut donné d'observer pendant notre internat à la

clinique chirurgicale infantile.

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