RS CURE
Les signes locaux se manifestèrent très nettement au niveau de la branche ischio-pubienne : douleur, gonflement, rougeur du ph génito-crural. Il n’y avait pas de collection apparente extra ou intra-pelvienne.
Nous avons déjà fait remarquer à propos de l’anatomie pathologique que la lésion était exclusivement périostée. La trépanation fut cependant pratiquée et ne put que faire constater l'intégrité de l'os. Si cette opération avait été dirigée contre une ostéo-périostite d’un os long, à canal médullaire développé, n’aurait-on pas eu lieu de redouter l'infection de toute la diaphyse comme dans les cas rapportés par M. le Professeur Delbet à la Société de Chirurgie?
Ogs. X. — Ostéomyélite aiguë du pubis (branche ischiopubienne droite).
. (Rocner. — Gaz. hebd. des. Sc. méd. de Bordeaux 14 janvier 1906.)
Andrée D...,13 ans 1/2; entre à l'hôpital le 8 mai 1905 parce qu'elle a de la fièvre depuis une semaine environ et des douleurs très intenses à la partie supérieure et interne «le la cuisse droite.
I n’y a rien de particulier à signaler dans ses antécédents.
Le 29 avril, sans cause apparente, d’une façon subite, elle ressentit des douleurs au niveau de la malléole externe droite; celles-ci persistèrent pendant toute la journée.
Le lendemain, les douleurs apparaissent à la partie supérieure et interne de la cuisse droite ; néanmoins, pendant plusieurs Jours, elle pul continuer son travail; elle marchait: malgré les douleurs qui s'étendaient du pli crural à l'ischion.
De la fièvre se manifestait et le mal allait progressant. Un
médecin prescrivit des frictions à l'onguent mercuriel et des cataplasmes laudanisés.
Le4 mai, cette jeune fille qui était placée comme domestique, rentra dans sa famille. Sous l'influence du repos, il se produit une rétrocession légère des douleurs jusqu’au 12 mai; puis la fièvre devint plus forte, les mouvements plus pénibles et plus douloureux, de telle sorte qu’étant absolument dans l'impossibilité de marcher, on la conduisit dans le service de M. le Professeur Piéchaud.
État actuel. -- Depuis le début de l'affection, la malade a beaucoup maigri. Elle est pâle, elle a de la fièvre. Sa température est de 38 2. Son pouls est rapide : 100 pulsations. Sa respiration est accélérée : 30. Elle dit souffrir beaucoup.
Le membre inférieur droit est placé dans une attitude à peu près normale. On constate seulement un peu d’adduction avec rotation interne. La malade s’asseoit très difficilement dans son lit el nous dit ne pas pouvoir marcher.
A l'inspection, on constate un gonflement très marqué de Ja partie interne et supérieure de la cuisse droite, s'étendant sur la grande lèvre, ay ant fail disparaître le pli génito-crural et remontant un peu sur le mont de Vénus.
Les téguments sont rosés; la température locale est plus éievée: le tissu cellulaire sous-cutané est œdématié; la pression est douloureuse tout le long de la branche ischiopubienne.
Le maximum de la douleur siège à là partie moyenne de cette région au niveau de la bande cartilagineuse qui sépare encore chez les adolescents la branche descendante du pubis de la branche ascendante de lischion.
Malgré le caractère excessif de la douleur, il n’y a pas de foyer fluctuant appréciable. |
L'os ne paraît pas plus gros qu'à l'état normal. Le toucher rectal pratiqué démontre que la face interne de la branche ischio-pubienne droite est plus sensible que de l’autre côté, sans cependant que l'on puisse retrouver de douleur aussi
CS
NÉ RRE
vive que celle produite par la pression au niveau de la face antérieure de cette branche.
Il n'existe pas de collection purulente au niveau de la cavité pelvienne. Il n'y a aucun autre point douloureux au niveau du bassin; les mouvements imprimés à la cuisse et notamment les mouvements d’abduction sont douloureux à cause des tractions qu'exercent les adducteurs sur la branche ischiopubienne.
L’articulation de la hanche paraît complètement danne
La température, à 9 heures du soir, est de 3993.
Les urines contiennent de l’albumine.
En présence de tous ces signes, et particulièrement de cette douleur nettement localisée au niveau de la branche ischiopubienne, nous portons le diagnostic d’ostéomyélite aiguë de cetie branche.
Intervention le 9 mai 1905, sous chloroforme. Position de la taille. Incision de 8 centimètres environ le long du pli génitocrural, directement au niveau de branche ischio-pubienne.
Les téguments sont très légèrement œdematiés. Le périoste est incisé jusqu'à l'os, au ras des insertions des adducteurs. Il est décollé à la rugine et, en contournant le bord externe de cette branche, 6n donne issue à une certaine quantité de pus collecté du côté de la cavité pelvienne. Ce pus était probablement collecté en nappe derrière la branche descendante et le corps du pubis. Il contenait du “APATSCQQRE blanc.
La branche ischio-pubienne est trépanée à la gouge, mais le {issu osseux ne présente aucune ne épidente et ne contient pas de pus. :
Il existe un prolongement de l'abeès au milieu des fibres d'insertion du grand adducteur. A ce niveau, le périoste présente une solulion de continuité dela dimension d'un confetti.
On fait des lavages à l’eau oxygénée de la cavité purulente: on passe un drain dernière la branche ischio-pubienne ; on suture les extrémités de la plaie. Pansement sec.
Dans la soirée, la malade est agitée. À 4 heures, nous notons
ro
39 4 de température, 100 pulsations. 30 respirations à la minute.
Le 10 mai, la température du matin est de 38° 2, le soir 39e 4. Le facies de la malade est très fatigué: elle souffre. Le pansement est changé à chaque miction; on note 600 grammes d’urines en 24 heures. La nuit est meilleure que la précédente.
Le 11 mai, la température est le matin 37°3, le soir 385. Les urines sont toujours chargées; elles contiennent de l’indican, des pigments biliaires, des traces d’albumine.
On fait des lavages de la plaie à l’eau oxygénée.
La température se maintientencoreélevée, surtoutlesoir, jusqu’au 17 mai. À partir du 18 jusqu’au 23, on note un abaissement progressif de la température. La malade présente un bon aspect.
La suppuration est légère; on remplace un drain par une mèche de gaze. Au milieu du mois de juillet, à l'exploration au moyen du stylet, on rencontre un petit séquestre lamellaire qu'on extrait à la pince.
A partir de cette époque,la suppuration tarit devientimperceptible. On cautérise les bourgeons exubérants par la teinture d'iode et le nitrate d’argent.
Le 26 août, la malade quitte l'hôpital sans aucune claudication et complètement guérie.
Avec les observations suivantes, nouspouvonsentrevoir la gravité de certaines formes où l’extension des lésions conduit à des interventions successives, sans que Ja
marche de l’ostéomyélite puisse être enrayée.
O8Bs. XI. — Ostéomyélite du pubis — Interventions multiples. — Mort.
(Service de M. le Prof. KirMissoN).
Gontran Ch...,11 ans; 5, rue Furtado Heine, entre à l’hô-
SU NS JALE
pital des Enfants malades, salle Baffos, n° 21, leYnovembre 1905.
À. H.et À. P. sans intérêt.
Depuis un an et demi environ, l'enfant se plaint de douleurs dans les membres inférieurs, particulièrement au haut des cuisses. Vers le mois d'août, il commence à boîter un peu. On l'envoie à la campagne,
Le 5 novembre, il revient de vacances. Son père constate qu'il boîte un peu plus qu'au départ. D'ailleurs l'enfant souffre davantage. Il rentre à l’école le 6 et le 7 novembre.
Le 8 novembre, l'enfant parti à l'école le matin ne peut plus revenir chez lui. Il a été pris brusquement d’une violente douleursiégeantau niveau de larégioninguinale droite. Le Inovembre, un médecin appelé fait transporter le malade à l'hôpital.
Le 9novembre, on constate que l'abdomen est modérément ballonné surtout au niveau de la région ombilicale; ül est partout indolent et facilement dépressible, mais au niveau du pubis et dans la région hypogastrique, on sent très nettement une {uméfaclion dure qui remonte à trois travers de doigt le long des muscles droits, un peu plus haut à droite qu’à gauche. À ce niveau, la douleur est extrêmement accentuée. Il y a même un peu de rougeur de la peau. Toute la région est œdématiée ; il existe de l’œdème du scrotum, surtout à droite. ;
La pression sur la branche montante du pubis droit est très douloureuse. \
e 10 novembre : chloroformisation. Incision verticale et médiane sus-pubienne. On ouvre une cavité tomenteuse, pleine de pus et de gaz. Une sonde introduite dans la poche vient saillir à la partie supéro-interné de la cuisse droite où l'on pratique une contre-ouverture. Les deux plaies sont réunies par un drain en anse,
À la suite de l'intervention, rémission thermique et légère amélioration de l’état général, qui ne tarde pas à s'aggraver de nouveau. Le 7 décembre, la température estremontée progressivement à 39° 2.
Er CT. =
Le 8, nouvelle intervention, La sonde cannelée introduite par l'incision hypogastrique conduit sur le pubis. On ne trouve pas de dénudation osseuse. La cavité purulente présente un diverticule à gauche; on fait une contre-ouverture dans le pli inguinal gauche et l’on place un drain en anse, de telle sorte que de la plaie hypogastrique partent deux drains, l'un à droite, l’autre à gauche,
Le 28 décembre, devant la continuité de la fièvre, on refait le pansement sous chloroforme. On explore le pubis à la sonde cannelée. La branche horizontale est dénudée. On introduit un drain volumineux jusqu’à la contre-ouverture de la cuisse droite. On immobilise dans un appareil plâtré le membre dont les moindres mouvements provoquent de vives douleurs. Le 19 janvier 1906, on ne note aucune amélioration ni locale ni générale. On intervient de nouveau sous chloroforme ; on réunit par une large incision les deux orifices pubien et inguinal droits. Une sonde cannelée introduite par la région hypogastrique et, suivant la branche ischio-pubienne, vient faire saillie en dedans de Ja tubérosité de l’ischion droit. On établit une contre-ouverture. Le dilatateur de Bigelow est introduit et ramène un séquestre. On passe un drain.
Les jours suivants, la suppuration continue à être très abondante. L'état général s'aggrave. Le malade épuisé meurt le 8 février 1906. Il n'y a pas eu d’autopsie.
Il faut s'arrêter un peu longuement à cette observation. L'enfant a souffert pendant un an et demi de vives douleurs de croissance. Insidieusement, la lésion pubienne s'est préparée : douleurs vagues, boiterie en ont précédé l'éclosion.
Le début proprement dit a été violent. La souffrance a été si vive que la marche est devenue impossible.
L'examen local révèle un gonflement de la région
hypogastrique ayant tout l'aspect d’un phlegmon de Ja
EN LR cavité de Retzius; mais la douleur très précise indique le siège de la lésion.
Trois interventions successives ne produisirent aucune amélioration; et le malade mourut, après une longue suppuration que trois mois de soins n’avaient pu améliorer.
Et ici nous devons insister sur les difficultés que comportent ces soins. Les pansements sont parfois très douloureux. La situation des plaies au voisinage des orifices naturels les expose à des souillures constantes qui entretiennent et aggravent l'infection.
Nous avons pu voir et soigner pendant 4 mois une fillette de 9 ans qui succomba d’épuisement après une suppuration continue ; quelque soin, quelque douceur qu'on apportât à refaire les pansements, la malade craignant de souffrir au moindre mouvement se salissait constamment. L'infection s’aggrava et finit par gagner par l’articulation de la hanche; une résection n’enraya pas la marche de la maladie.
Oss. XII. — Ostéomyélite du pubis gauche. — Envahissement secondaire de l'articulation de la hanche. — Mort.
(Service de M. le Prof. KirmissoN).
Lucie R...; 9 ans; entrée le 12 avril 1907, salle Bouvier, PAL
En septembre 1906, l'enfant à la suite d’une chute sur le genou gauche eut un abcès développé sur la partie externe de la région, qui fut incisé et guéri en 40 jours.
Le G avril 1907, dans la soirée, l'enfant accuse de violentes douleurs de tête qui ont persisté le lendemain. C'est seulement