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ble; lPétat infectieux pouvait à bon droit attirer l’attention. Il ne s'agissait d’ailleurs que d’un diagnostic d’élimination puisqu'on avait pensé à l’'ostéomyélite sans en découvrir le siège et au rhumatisme que l’on dut écarter après constatation de l'intégrité apparente des membres.
A côté de cette observation d’une ostéomyélite aiguë, je relate le cas d’un enfant, tuberculeux, où les difficultés du diagnostic furent d’un ordre tout différent. Les antécédents héréditaires, des lésions tuberculeuses personnelles venaient aiguiller le diagnostic d’une ostéomyélite à marche subaiguë vers la tuberculose. On ponctionna l’abcès comme on aurait fait d’un abcès froid et l’on fit une injection d’éther iodoformé, mais l’examen du pus montra qu'il s'agissait bien d’une ostéomyélite à staphylocoques avec quelques streptocoques. L'injection au cobaye fut absolument négative au point de vue de la tuberculose.
Ogs. XXIV. — Ostéomyélite de l'os iliaque droit chez un bacillaire.
(Service de M. le Prof. Kirmissox). \
Maurice C..., 27, rue Frémicourt, 12 ans.
Antécédents héréditaires. — Père, mère, bacillaires.
À. P.. — Santé délicate, — bronchites répétées, — adénites cervicales suppurées, spina ventosa,
Le 20 février 1903. — L'enfant commence à se plaindre de douleurs dans le membre inférieur droit. Bientôt le malade se met à boiter, se plaint de vives douleurs dans la région du triangle de Scarpa. La fièvre monte à 39 9; en même temps apparaissent délire et diarrhée.
Le médecin pensant probablement à une fièvre typhoïde ordonne des bains froids. Il en résulte une légère rémission thermique, mais les douleurs s’accusent de plus en plus ; l'état Sénéral s'aggrave. L'enfant est amenée à l'hôpital et reçu salle Giraldès, n° 8, le 10 mars 1905.
Etat actuel. — Enfant pâle, très amaigri. Le membre inférieur droit se place en demi-flexion. Il existe sur la face dorsale du pied droit une cicatrice d’abcès récemment incisé. On est surtout frappé par le gonflement énorme de la région inguinale droite. Il est impossible de se rendre compte de la coloration des téguments qui sont recouverts de teinture d'iode. Cependant on peut constater, surtout au voisinage de lépine iliaque antéro-supérieure droite, une circulation veineuse sous-cutanée très développée.
Au simple examen, on note la présence de ganglions inguinaux volumineux. L'un d’eux est si volumineux qu’on le prend au premier abord pour l’épine iliaque antéro-supérieure qu'on retrouve difficilement à la palpation; les parties avoisinantes étaient très tuméfiées.
Les mouvements de l'articulation de la hanche sont à peu
près normaux. La flexion et l’abduction se font facilement. Et le malade, qui prend habituellement une position de demiflexion peut spontanément ramener le membre en extension complète.
- Le grand trochanter n’est pas douloureux. On peut palper profondément toute la partie antérieure de la fosse iliaque externe sans faire souffrir le malade. Il existe cependant une énorme tuméfaction qui occupe toute la fosse iliaque externe et une partie de la fosse iliaque interne. La région de l'épime antérieure et supérieure est très douloureuse.
Les deux poumons présentent des lésions avancées de tuberculose.
Le ro mars. — Chloroformisation. On fait une ponction aspiratrice à la partie la plus saillante de la fosse iliaque interne; on retire 100 grammes de pus et on fait un lavage de
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la poche à l'eau boriquée et injection d'éther iodoformé.
Le soir de l'opération, la température remonte à 40°.
L'examen du pus et sa culture montrent la présence d’abondantes colonies de staphylocoques dorés, quelques streptocoques.
Les jours suivants, la température oscille autour de 37°.
Le 15 mars, nouvelle poussée thermique. Le soir, 395. Pouls 112. Le facies est pâle. Mais la langue est humide et très belle.
Le 17, l’abcès remplit toute la fosse iliaque interne droite et déborde la crête iliaque du côté de la région lombaire.
On fait alors une seconde ponction qui donne encore issue à une quantité considérable de pus. Lavage de la poche à l’eau stérilisée et injection d’éther iodoformé.
Jusqu'au 22 mars, l’état général s'améliore. Cependant il y a encore quelques oscillations de température. Le malade a un peu de diarrhée,
Le 24 mars, le pus s’est reformé en quantité considérable. On endort le malade; l’on pratique l’incision de la poche à la région lombaire, avec contre-ouverture sur la sonde cannelée dans la fosse iliaque interne, Un flot de pus s'échappe. Un drain en anse réunit les deux incisions.
Du ?27 au 30 mars, l'état général s'aggrave; la température qui était revenue à la normale monte jusqu'à 40°; les drains donnent issue à un pus extrèmement abondant. L'enfant a de la diarrhée.
Le ?8, la diarrhée diminue. L'état général est toujours très grave. La lempérature atteint 40e 7; le pouls est à 134. Le teint est terreux.
Le 31, la température revient à 38 7. L'état général est meilleur. Le malade s’alimente un peu, mais insuffisamment.
Le pus s'écoule toujours en grande abondance.
Le 2 avril, la suppuration est beaucoup moins abondante.
À dater de ce jour, l'amélioration continue progressivement etle malade quitte l'hôpital guéri.