‹ L'ostéosynthèse dans les fractures fermées et récentes du genouChapitre 12 sur 65 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Dans ce chapitre, nous ne voulons que résumer et mettre sous les yeux l’opinion apportée par les auteurs qui se sont occupés des différentes fractures que nous envisageons.

Il n’y est naturellement question que du pronostic des

fractures non traitées par l’ostéosynthèse.

* *X * FRACTURES SUPRA CONDYLIENNES DU FÉMUR

«Les fractures obliques à grand biseau sontgraves... les fractures transversales ont, au contraire, un pronostie plus favorable ». (Tanton) (132).

Dans une statistique personnelle récente, portant sur 9 cas traités classiquement et suivis, A. Cooper (30) à obtenu 4 guérisons, 3 résultats médiocres et 2 franchement mauvais.

Nous avons dit plus haut les très sérieuses complications qui peuvent venir, en cours de traitement, modifier et assombrir encore le pronostic, c’est-à-dire : l'ouverture secondaire du foyer de fracture, les compressions vasculaires oune veuses, le retentissement inflammatoire sur l’articulation.

Mais en dehors d'elles, nous énumérerons comme suite aux

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caractères anatomiques de la fracture et à l'imperfection de

la réduction : |

— Ja lenteur de la consolidation : Trélat fixait le temps nécessaire à un an; Rieffel le ramène à quatre ou cinq mois en moyenne. .

— L’exubérance du cal avec production d’ostéophytes ; des

douleurs tenaces en sont la éonséquence. En outre, le cal reste

longtemps mou et peut s’infléchir si la marche se fait trop tôt.

— L'axe du membre est fréquemment rompu : dans le sens antéro-postérieur (marche sur la pointe du pied, ou faux genu recurvatum) (Roux et Moiroud) (122), dans le sens latéral (faux genu valgum ou varum). Les mouvements eux-mêmes (flexion et extension) sont rendus impossibles si la rotule butte contre la saillie diaphysaire où s’il y à adhérence du quadriceps au cal. L’ankylose du genou pour n’être toujours pas complète, se traduit cependant par une gêne notable. Elle est due à l’arthrite inflammatoire ; dans les cas les plus favorables, il n’y à que des raideurs partielles par adhérences synoviales.

— Le raccourcissement existe 9 fois sur 10 (le bout à bout n'étant pour ainsi dire jamais obtenu) (Ricard) (115). Il mesure de 1,5 à 10 centimètres.

— La pseudarthrose, une des séquelles les plus redoutables, est loin d’être exceptionnelle ; elle découle logiquement de l’embrochement musculaire par les extrémités fragmentaires.

L:s fractures suscondylicnnes par atrophie sont bénignes. L'absence de désordre sérieux du côté des parties molles et le mécanisme habituel pouvaient le faire prévoir.

«Leur pronostic est done très favorable : convenablement traitées, elles guérissent dans un espace moyen de quatre

semaines, sans déformation et sans nouvelle limitation des

Ad

mouvements du genou..........…. la formation du cal s’est tou-

ours faite régulièrement sans psendarthrose..…. Enfin ces fractures n’ont pas davantage de gravité au point de vue de l’état du genou : même en cas d’arthriteen voie d'évolution, nous n'avons pas constaté de recrudescence du mal » (Auffret) (9).

FRACTURES. INTERCONDYLIENNES DU FÉMUR

Sauf les cas sans déplacement —-d’ailleurs rares — et les cas avec déplacement minime et engrènement ,(Mauclaire et Séjournet) (94) le pronostic est très sombre; les auteurs s’accordent sur ce point.

L’écueil dominant, c’est encore — succédant à l’arthrite du

début — l’ankylose articulaire: celle-ci doit être regardée. comme :

une terminaison favorable si elle n’a pas lieu en attitude vicieuse (Ricard) (115).Sil’'ankyloseapuêtre évitée, les autres trèsgraves éléments de pronostic sont les gênes mécaniques-relevant soit des déformations de la surface articulaire trochléo-condyÿlienne (déviations de la jambe) (Trendelenburg), soit de l’écartement interfragmentaire, soit des déplacements des condyles, soit enfin le blocage de la rotule contre la saillie antérieure du fragment diaphysaire. La pseudarthrose est due à l’interposition de débris capsulaires ou synoviaux. Les cals fibreux, les cals volumineux sont également fréquents. Le raccourcissement est la règle. Nous avons signalé déjà les lésions vasculo-nerveuses dues à là proximité de pointes esquilleuses ow fragmentaires non réduites; à titre exceptionnel, la suppuration de l’épanchement sanguin ou la nécrose d’un condyle détaché. La consolidation demande au moins six mois.

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FRACTURES UNICONDYLIENNES DU FÉMUR

Le pronostic est bénin si la dislocation est nulle. Au

contraire un déplacement, même faible, en haut ou en

dehors est suivi de genu varum ou valgum. Rappelons qu'une réduction imparfaite, en modifiant la surface de glissement des condyles peut caler l'articulation et s’opposer absolument à l'extension et à la flexion. Les mouvements de latéralité, la pseudarthrose aussi sont à redouter. L’hémarthrose suivie d’épanchement inflammatoire entraîne une arthrite, d’où raideurs plus ou moins persistantes, et somme toute, l’avenir de ces fractures doit être considéré comme très sérieux, Vallas (137) qui dut pratiquer une résection orthopédique du genou pour troubles fonctionnels graves consécutifs à une fracture du condyle fémoral, raconte que le blessé, à son arrivée, marchait avec deux béquilles, et ajoute : « A l'ouverture de l’article, je vis nettement que la fracture du condyle externe avait amené une dénivellation de la surface articulaire telle, que le tibia portait à faux sur le fémur dans la moitié de sa largeur. De plus la synoviale bridée et resserrée par: de- nombreuses adhérences fibreuses: avait perdu toutes ses qualités d’organe de mouvement... »

Dans les cas favorables, consolidation en deux mois.

FRACTURES. SOUS-CONDYLIENNES DU TIBIA ET FRACTURES COMMINUTIVES DE L'EXTRÉMITÉ SUPÉRIEURE DU TIBIA.

On cite classiquement la statistique d’Heydenreich qui, sur 39-cas, releva 7 amputations et 9 morts. Mais elle date

de 1877 et on ne saurait actuellement s’y arrêter.

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