‹ L'ostéosynthèse dans les fractures fermées et récentes du genouChapitre 13 sur 65 · AG ES · texte numérisé non relu

AG ES

Toutefois, si la proportion actuelle des guérisons est nette-

ment supérieure, le pronostic fonctionnel reste très réservé.

Ici, c’est la lenteur de la consolidation, puis la pseudarthrose

qui caractérisent l’évolution de la fracture.

Le retard de la consolidation qui à depuis longtemps retenu l'attention de tous les observateurs, atteint jusqu'à 8 mois. Cette anomalie a suscité de nombreuses recherches. On a évoqué tout à tour l’écartement des fragments (Bouissière), le trajet de l’artère nourricière du tibia destinée à la moitié inférieure de l’os et dont une simple branchiole apporterait à l'extrémité supérieure une nutrition insuffisante (Guérétin), une lésion des rameaux nerveux ‘avec troubles trophiques consécutifs, l’absence de canal médullaire, done de moelle à ce niveau de Los, l’épanchement sanguin surabondant et la lenteur de sa résorption (Richet, Duplay), la coïncidence d’un manque brusque de vascularisation et d’un énorme hématome par rupture des branches nourricières de l’extrémité supérieure (Isch- Wall et Wassilieff).

Le fait demeure — grave — car, outre l'inconvénient d’une aussi lente évolution, se produisent deux alternatives : la psentdarthrose redoutable par sa fréquence : 1 fois sur 10 (Béranger- Féraud, Rieffel) (117), 1 sur 6 (Heydenreich) (132), 2 sur 15 Lambotte) (76); l'ankylose : il est aisé de comprendre sans qu’il soit nécessaire d’insister, qu'au bout de longs mois, les mouvements du genou sont très compromis. L’atrophie qua-

dricipitale est considérable.

«Même dans les cas où les lésions ont été réduites au minimum, il persiste toujours une gêne considérable, et, chez des

sujets vigoureux, ayant réuni toutes les conditions pour arriver

AT

à une guérison complète et ayant reçu les soins les plus éclairés,

non seulement la convalescence est longue, mais l'articulation

“est longtemps doulouréuse et Se fatigue pour le moindre effort. » {Corvisy) (31).

L’épanchement sanguin peut déterminer par Sa surabondance, une gangrène massive de la jambe par compression, s’il n’est pas débridé d'extrême urgence (Delbet) (37) ; d’autres fois une autre cause s'ajoute à la compression : @’est la lésion d’un des troncs artériels (Vauzelle) ; dans tous ces cas l’abstention opératoire conduit fatalement à l’amputation.

Enfin on à signalé l'infection secondaire de l’hématome même sans plaie des téguments.

Au point de vué squelettique, les déviations et le raccourcissement sont fréquents malgré la vigilance du traitement. Le cal est longtemps fragile (unerécidivedefractureau 159€ jour, Marc Sée).

L'ouverture du foyer de dedans en dehors par la pointe du fragment supérieur (Exner) réclame une intervention immédiate qui n'empêche cependant pas à coup sûr l'infection et ses funestes conséquences dans un pareil milieu.

Toutes ces remarques s'appliquent aux fractures comminutives de l’extrémité supérieure du tibia avec un élément de gravité en plus : la complexité anatomique de la fracture, et

l'impossibilité d’une réduction même approximative.

Ca +

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