‹ L'ostéosynthèse temporaire chez l'enfantChapitre 17 sur 53 · AVANT-BRAS · texte numérisé non relu

AVANT-BRAS

Une indication typique, la plus typique peut-être de l’ostéosynthèse temporaire, est la maladie de Volkmann (paralysie ischémique, contracture ischémique des fléchisseurs).

On connaît ce syndrome. Il survient le plus souvent à la suite de l'application d’un appareil plâtré pour une fracture de l’avant-bras ; on s’est servi à tort d’un appareil circulaire enveloppant complètement le membre : au bout de quelques heures, la main est tuméfiée, l'enfant se plaint et l'appareil est retiré rapidement. Dès ce moment les mouve-

‘ments de la main sontimpossibles,et bientôt elle se fixe dans une attitude caractéristique.

Plusieurs semaïnes après, on constate que les doigts sont en flexion et on ne peut arriver à redresser simultanément les doigts et le poignet, même en déployant une certaine force. On a l'impression qu'il s’agit d’une briéveté pathologique des tendons fléchisseurs des doigts.

L'allongement autoplastique des tendons rétractés, les tractions élastiques, la sympathectomie périartérielle ont été proposées pour y remédier.

Mais il semble que la résection diaphysairé,résection portant sur le cubitus et le radius, et enlevant

chacun un segment de longueur suffisante pour rendre aux tendons fléchisseurs le jeu nécessaire

NRA

aux mouvements d'extension, soit l'opération de choix.

Fruchaud-Brin dans une thèse sur ce sujet, rapporte une observation du P' Ombrédanne, où le résultat avait été excellent. Nous en donnons une seconde où le succès a été en tous points comparable.

Dans ces deux cas, les vis ont été posées avant de pratiquer la résection, ce qui est un grand avantage : quand se produit le décalage dù à la rotation sous l’action du carré pronaieur des fragments inférieurs libérés, il suflit de connecter les têtes de vis pour retrouver l'attitude nécessaire à une fonction correcte,

20 Membre inférieur.

Fémur.

Dans le cas de luxation congénitale de la hanche il arrive parfois que l’anté-position de la tête qui est la règle, s’accentue à un degré tel que cette tête regarde directement en avant, fait saillie sous les téguments de l’aine, et ne peut être ramenée visà-vis du cotÿle que par une rotation de tout le membre inférieur atteignant et dépassant souvent 90°.

Dans de telles conditions, maintenir l'enfant dans cette attitude, serait appelé à un mauvais résultat définitif : au moment où lé membre serait ramené dans une attitude correcte la tête s'échapperait à

nouveau du eotyle.

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Îl semble donc que dans des cas semblables, il faille par une correction pratiquée antérieurement sur la diaphyse fémorale, remédier à l’antéposition de la tête.

Dès que la consolidation osseuse consécutive à l’ostéotomie sera obtenue, on sera en droit de réduire la luxation.

Nous publions deux observations d’ostéotomie faite au tiers inférieur du fémur dans des cas semblables où il apparaît comme nécessaire d'employer le matériel d’ostéosynthèse temporaire ; il faut en effet obtenir après l’ostéotomie un degré de rotation externe précis et les deux vis repère. placées avant celle-ei, permettent de le faire avec beaucoup de précision.

Dansles deux cas rapportés, le professeur Ombrédanne à ménagé à l'extrémité du bout supérieur, un ergot osseux qui engagé, une fois la rotation utile effectuée, dans une encoche taillée en bonne place dans la tranche du bout inférieur, réalise un

verrouillage qui augmente encore la fixité de la correction.

Tipra

Dans le pied bot varus équin congénital et dans certains cas de pieds bots paralytiques en varus le

squelette jambier sollicité par l’incessanté compensation instinctive, se tord à tel point que la malléole

péronière touche le tendon d'Achille tandis que la

malléole interne se porte en avant, si l’on repère le membre en orientant la rotule vers le zénith.

Cette orientation vicieuse de la mortaise est assez accentuée pour nécessiter une correction spéciale. Geist de Minneapolis, a appelé l’attention sur ces faits et estime à un sur dix les cas de pieds bots congénitaux dans lesquels il y a lieu de se préoccuper de la torsion tibiale.

Dans ces circonstances, on pourrait se demander s’il s’agit d’uné torsion vraie du tibia suivant son axe, ou d’un déplacement relatif du tibia par rapport au péroné, les deux os se tordant autour de l'axe fictif de la jambe : peu importe, car la correction chirurgicale ne saurait être obtenue que par la torsion en sens inverse du tibia sectionné au tiers inférieur de sa diaphyse. Une vis est placée en direction du zénith rotulien, et à quatre centimètres plus bas une autre vis est placée, qui s’érige dans la même direction que le gros orteil. Le tibia est ensuite sectionné entre les deux vis : il suffit à ce moment de connecter les têtes des deux vis pour que, mécaniquement, automatiquement, la correction cherchée soit obtenue.

Os LONGS DU PIED

Dans certains cas de paralysie infantile grave, il peut arriver qu’à la suite d’une double arthrodèse complétée par butée, ayant fourni un pied admirablement équilibré, le gros orteil, dévié sur son axe,

E. Olry 3

soit couché sous les autres orteils et surtout tordu d'un nombre de degrés voisin de 90. L'emploi de l’ostéosynthèse temporaire dans de tels cas peut

fournir des résultats en tous points parfaits.

Voici donc quelques indications typiques de la synthèse temporaire dans les sections et résections diaphysaires. Mais ce ne sont pas les seules bien entendu ; on ne peut grouper dans des chapitres d'ensemble, toutes les opérations de chirurgie réparatrice osseuse, car chaque cas particulier en cette matière, présente des indications qui lui sont propres.

Le chirurgien s’inspirera de ces indications générales pour corriger des déformations parfois invraisemblables.

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