‹ L'Ostéothorionécrose Tardive des MaxillairesChapitre 8 sur 22 · YU · texte numérisé non relu

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Le 10 février 1933, le Professeur LEMAITRE avec l’aide des Docteurs Ch. RuPppE et LEBOURG prélève un greffon ostéopériostique de 10 em. environ, sur la face antéroexterne du tibia droit. Après ouverture à la peau, façconnage d’un lit fibreux dans le foyer de pseudarthrose et rugination des extrémités osseuses, deux greffons sont placés et suturés au périoste. L'intervention qui n’a établi aucune communication entre le foyer et la cavité buccale, et qui a été faite à la demande de la patiente sous anesthésie générale au chloroforme est parfaitement supportée : les crins peuvent être supprimés au bout d’une semaine. La contention de l’arc mandibulaire est alors assurée par une ligature en échelle à la manière de PONROY, qui porte uniquement sur les trois dents du maxillaire inférieur et les trois dents correspondantes du maxillaire supérieur.

En juillet 1933, c’est-à-dire six mois après l’intervention, la ligature est toujours maintenue, le greffon paraît définitivement consolidé; cependant, cliniquement il semble exister une légère mobilité à l'extrémité postérieure de la branche horizontale, tandis que radiologiquement on a l'impression d’une continuité osseuse.

En décembre 1933, le blocage intermaxillaire est supprimé. La perte de substance est considérablement diminuée, le greffon a été parfaitement supporté, sa consolidation avec la branche montante est parfaite, mais il subsiste une pseudarthrose très serrée entre son bord antéro-inférieur et l’extrémité postérieure de la branche horizontale, ces deux extrémités étant perceptibles en même temps par la pulpe du doigt introduit dans la bouche. La déformation faciale est en grande partie corrigée.

Au cours du premier trimestre de 1934, l’état général de la patiente décline à nouveau, et un foyer pulmonaire se réveille, mais les lésions évoluent d’une façon extensive, et en dépit d’un séjour en montagne, la patiente succombe le 10 août 1934.

Aucun phénomène nouveau n’était apparu au niveau des maxillaires et jusqu’à ces derniers jours, la patiente resta considérablement améliorée au point de vue de son rhumatisme.

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(Ch. RuPPE et L. LEBOURG)

Après avulsion de sa seconde molaire supérieure droite dont l’alvéole ne se cicatrise pas, Mme S.…. âgée de 40 ans, nous est adressée en mars 1930 pour consultation. Nous sommes surpris par l’anémie intense que présente cette femme, atteinte par ailleurs d’un rhumatisme déformant traité par le thorium X depuis deux ans.

A l'examen, nous apercevons un trou arrondi à l’emporte-pièce d’un diamètre de un centimètre, siégeant au niveau de la molaire précédemment avulsée. Cette perte de substance laisse voir une cavité semblant occuper tout le maxillaire supérieur droit et tapissée par une membrane grisâtre. Sur le plancher de cette cavité, il existe une masse blanchâtre très dure au contact du stylet. Le contrôle radiographique indique qu’il s’agit d’une dent de sagesse incluse. Il semble que l’on soit en présence d’un volumineux kyste dentifère, mais la nécrose de la paroi vestibulaire reste à expliquer.

Avant toute intervention, il nous paraît indiqué de soumettre la malade à un traitement général approprié, car son état d’anémie est manifeste. Nous l’adressons à son médecin. La numération globulaire indique 1.500.000 globules rouges. Cette anémie intense est apparue au cours de la cinquième série de huit injections de thorium X, à doses progressives de 50 à 150 microgrammes.

Nous avons appris ultérieurement que la malade fut opérée sous anesthésie locale le 24 mai 1930. Le protocole opératoire mentionne la disparition complète de la paroi externe du sinus. La totalité de celui-ci est occupée par la poche kystique. La dent de sagesse incluse est complètement libre dans la poche d’où elle peut être retirée à l’aide d’une pince de Kocher. En has et en avant, le kyste est bordé par un large foyer de

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nécrose osseuse. Plusieurs séquestres noirâtres et fétides sont extraits de ce foyer, et tout le rempart alvéolaire de la tubérosité aux prémolaires est ainsi éliminé. Les prémolaires et la canine sont avulsées, elles ne sont plus maintenues que par des tissus ramollis et fongueux qui sont curetés immédiatement.

Le 10 juin 1930, la malade succombe à une bronchopneumonie.

(Ch. RuPpPE et L. LEBOURG).

M. C... âgé de 45 ans, traité pour une spondylose rhizomélique par le thorium X présente, en décembre 1930, au cours de la cinquième série de huit injections à doses progressives de 50 à 150 micogrammes, une otorrhée gauche, sans phénomènes fonctionnels douloureux ou auditifs. Le malade est très anémié, l’examen de son conduit auditif externe révèle, au tiers interne de la paroi inférieure, la présence d’une petite ulcération par laquelle le stylet conduit sur un os rugueux. Les bains d'oreille qui sont alors prescrits entraînent de petits débris osseux.

Quelques semaines plus tard, au début de 1931, le malade fait une fracture du col du fémur droit. Malgré le repos au lit et l’extension continue, cette fracture n’a aucune tendance à la consolidation et les radiographies successives indiquent une fonte progressive de toute la portion cervicale de l’extrémité supérieure de l'os avec image pommelée et disparition des contours osseux. L’interligne articulaire et la cavité cotyloïde sont normaux.

Bien qu'aucun fait n’accrédite chez ce malade l’hypothèse de syphilis, un traitement d’épreuve est commencé en novembre 1931, à l’aide de deux injections hebdomadaires de muthanol, bismuth rendu radioactif par l’adjonction de thorium.

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A la septième injection apparaissent, du côté de l'oreille malade, des phénomènes douloureux et fluxionnaires. A la treizième injection, le traitement doit être suspendu. La fluxion soulève alors l’oreille, déforme le visage; elle entraîne des phénomènes douloureux très intenses, en même temps que la suppuration auriculaire réapparaît. Par ailleurs, la hanche malade est le siège de douleurs spontanées et provoquées qui empêchent tout sommeil. Outre ces phénomènes manifestement déclenchés par la médication radioactive, s’ajoute de l’anémie (2.200.000 globules rouges), que l’on doit combattre par deux transfusions.

Le 30 avril 1932, on intervient sur le foyer de nécrose du conduit auditif. De nombreux petits sequestres représentant la plus grande partie de la paroi inférieure et la portion voisine de la paroi postérieure sont éliminés à la curette sans la moindre difficulté.

Dans les mois qui suivirent, le membre inférieur droit subit un raccourcissement progressif accentuant l’impotence fonctionnelle. L'état général.du patient restait satisfaisant.

Au cours de l’année 1933, rien de bien particulier n’est à signaler, si ce n’est l’apparition d’un abcès de la marge de l’anus opéré par le Docteur BRÉCHOT.

Pendant cette période de un an et demi environ, le malade a été soumis à une thérapeutique récalcifiante et a subi deux séries d’injections de parathyroïdine.

Au début de l’année 1934, le malade est apparemment dans d’excellentes conditions, il peut exercer à peu près normalement sa profession de comptable, et c’est en somme sans que rien ne puisse le faire prévoir qu’au cours d’un faux mouvement, pour retenir sa serviette à table qu’il se fracture l’humérus droit. Cliniquement et radiologiquement on constate une fracture oblique à long biseau occupant le tiers moyen de l’os. Le patient est traité par une attelle banale, puis par un appareil à traction continue (Docteur GUEULLETTE), et ultérieurement par une gouttière de cuir. En aucun moment, on ne note la moindre tendance à la consolidation.

En mai 1934, le malade présente une légère monoarthrite de sa seconde molaire supérieure droite, qui,

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