‹ L'otageChapitre 15 sur 87 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

SYGNE. — Je suis celle qui reste et qui est toujours là.

COUFOXTAIXE. — Ah ! de la tête aux pieds vous êtes Coûfontaine, et l'on ne peut causer avec vous, et il n'y a pas un trait de vous et manière d'être que je ne comprenne.

Et vous n'avez qu'à tourner ia tête, et il y a autant d'images de nous-mêmes en vous que de portraits jadis dans cette galerie du château.

SYGNE. — Je ne porterai donc pas à un autre cela qui est de Coûfontaine seul.

COUFOXTAIXE. — Ces choses seules sont à moi qui sont mortes, vaincues et impossibles.

SYGXE. — Mais moi, Georges, je ne suis pas morte, je ne suis pas vaincue, et je ne suis pas impossible !

COUFOXTAIXE. — Il y a ceci de différent, que vous avez moins de trente ans et que j'en ai plus de quarante. Xous ne sommes pas du même siècle.

Je suis la souche écimée et sans branches, et je vois dans votre œil brun le vert de la jeune feuille.

Nous ne faisons pas notre ombre du même côté, la vôtre vous entraîne,

La mienne est attachée à mes talons et je ne vois rien de moi devant moi.

SYGNE. — Laisse-moi donc renoncer à l'avenir !

Laisse-moi prêter serment comme un nouveau chevalier ! O mon seigneur ! ô mon aîné ! laisse-moi entre tes mains.

Jurer comme une nonne qui fait profession !

O mâle de ma race ! ô reste et principe de mon peuple ! je ne te laisserai point sans attestation.

La terre nous manque, la force nous est soustraite, mais la foi de l'homme à l'homme.

Demeure, l'âme pure qui trouve son chef et qui reconnaît ses couleurs !

Coûfontaine, je suis à vous ! Prends et fais de moi ce que tu veux,

Soit que je sois une épouse, soit que déjà

Page 1