‹ L'otageChapitre 20 sur 87 · ACTE PREMIEK · texte numérisé non relu

ACTE PREMIEK

COUFONTAINE. — Vous êtes ici en sûreté. Qui viendrait vous chercher dans ce coin de la Marne ?

C'est ici une vieille demeure secrète à l'écart,

Avec des sorties secrètes par les bois sur trois routes et deux vallées,

Pleine de caches et d'issues.

Je m'en suis servi bien des fois dans cette guerre que je fais.

LE PAPE PIE. — Et c'est de vous maintenant que Nous sommes le prisonnier ?

COUFONTAINE. — Il est vrai. Mon père, vous êtes le prisonnier de votre fils.

Et je vous dirai comme Jacob quand il tenait l'ange si ferme :

Je ne vous lâcherai point que vous ne m'ayez béni.

LE PAPE PIE. — Pauvre enfant ! vous voyez que Nous sommes capture difficile.

COUFONTAINE. — C'est Dieu même qui vous donne au Roi de France.

LE PAPE PIE, se tournant gravement vers le crucifix. — Ave, Domine Jesu.

COUFONTAINE. — C'est Notre-Seigneurde-devant-Rheims, et le Roi lui ôtait son chapeau quand il allait se faire sacrer.

LE PAPE PIE. — Quelles nouvelles de toute la terre ?

Car aucun bruit ne pénétrait jusqu'à Nous dans notre prison.

COUFONTAINE. — L'Usurpateur est à Moscou.

Il n'y a aucun bruit sur la terre que le pas des armées sur les routes et le roulement des roues qui roulent vers l'Orient.

Là-bas on dit qu'il y a eu je ne sais quoi,

Des villes de bois qui brûlent, une victoire vaguement gagnée. L'Europe est vide et personne ne parle sur la terre.

Il n'y a que l'attente du monde comme un homme surmonte et surchargé.

LE PAPE PIE. — Et c'est de Moscou crue

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