‹ L'otageChapitre 26 sur 87 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

donner ? car l'Enfant prodigue Nous a tout pris.

COUFONTAINE. — Certes, vieillard, il fallait que votre vue fût basse à cause du grand âge

Quand vous avez béni le bouc au lieu de l'ouaille.

LE PAPE PIE. — Ne pouvais-je oindre un tel front

Quand Jésus même a baisé les pieds de Judas ?

COUFONTAINE. — Saint Père, laissez-moi vous parler, expliquons-nous,

Puisque vous êtes ici et que je vous tiens avec moi, vicaire de Dieu,

Car j'en ai gros à vous dire, comme un jeune homme qui parle à son père confesseur, une fois par an.

Et d'ailleurs n'êtes-vous pas à nous tous ? et une seule brebis est autant pour vous que toutes les autres ensemble.

Et dire que je me confesse tous les jours, non : la vie que je mène n'est pas celle d'une

nonnette ? Quand le Roi sera revenu, nous mettrons notre chemise blanche.

— Pourquoi nous scandalisez-vous comme Dieu ?

Il abaisse les bons et il élève les méchants. Ça, ce sont ses voies et il n'y a rien à Lui dire.

Mais vous, vous êtes un homme. Capable de parler, n'avez-vous pas à nous répondre ? Ou qui interrogerons-nous ?

Ce qui est bien et mal pour nous ne l'est-il pas pour le pape ? et le succès fait-il une différence ?

Est-il bien qu'un homme prenne ce qui n'est pas à lui ?

Et ce brigand qui vous a pris Rome, n'avait-il pas pris la France à son roi ?

LE PAPE PIE. — Le monde peut se passer d'un roi, mais non point du Pape.

COUFONTAINE. — Peut-il se passer du droit ? et le droit pour un homme est-il de ce qu'il a ou de ce qu'il n'a pas ?

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