‹ L'otageChapitre 28 sur 87 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

COUFONTAINE. — Qu'y a-t-il de plus prochain de moi dans la nuit que ma propre pensée ?

Un homme pourchassé qui pense seul toute une nuit dans un fossé,

Toute une nuit de pensées sous la pluie, cola fait un noir café !

LE PAPE PIE. — Il faut dire son chapelet quand on ne dort pas et ne pas ajouter la nuit

Au jour à qui sa propre malice suffit.

COUFONTAINE. — J'ai un chapelet dans mon cœur à dire quand je ne dors pas, grain par grain,

Les têtes coupées de mon père et de ma mère et de tous les miens.

Nous survivons seuls, Sygne et moi.

LE PAPE PIE. — Quelle est donc votre nuit où vous avez de telles lumières brillantes?

COUFONTAINE. — Elles nous montrent le terme et non pas le chemin.

LE PAPE PIE. — Ne vous mettez pas en

peine de beaucoup de choses quand une seule suffit,

Considérant ces beaux lys du ciel qui ne travaillent ni ne filent.

COUFONTAINE. — Ceux de la terre sontils fanés pour toujours ?

LE PAPE PIE. — La terre le sait qui garde le caïeu.

COUFONTAINE. — Mais moi, tant que je suis vivant, il me faut bien que je travaille et file mon fil,

Et voici que je n'ai plus ma terre avec moi et le monde de qui je suis m'a été retiré,

Où la mission des miens m'avait été continuée qui est de servir en commandant.

Je regarde autour de moi et il n'y a plus de société entre les hommes,

Mais seulement la « loi » comme ils disent, et le texte imprimé à la machine, la volonté inanimée, idole stupide.

Où est le droit il n'y a plus d'affection.

Et la loi de Dieu était dure dont nous avons

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