ACTE PREMIER
été libérés par Jésus-Christ. Que sera-ce de la loi des hommes ?
Quelle société, où chacun croit qu'elle est aux dépens de sa propre charte ? et la force ne peut remplacer le sacrifice.
Comme vous le voyez avec cet homme qui dès qu'il a pris une chose est obligé de prendre tout le reste,
Et de reconquérir le monde à chaque instant pour assurer un seul pas.
LE PAPE PIE. — Nous n'avons pas ici une habitation permanente.
COUFONTAINE. — N'avons-nous pas le devoir cependant de chercher et de maintenir en toute chose le mieux ?
N'est-il pas écrit que tout pouvoir vient de Dieu ? Il ne vient donc pas des hommes.
Je ne le compare pas à une épée, mais à un baume dont le chef est oint et dont tout le corps est persuadé.
C'est pourquoi nos rois étaient consacrés sur la France comme des évêques,
Sacrés au front avec le chrême des évêques, communiant sous les deux espèces,
Oints d'une onction toute propre sur les épaules et au pli des bras,
Ordonnés pour le commandement qui est de force dans la suavité.
L'ampoule sainte n'a-t-elle plus en elle de confirmation ?
LE PAPE PIE. — Vous le savez qui avez vu ce saint roi mourir.
COUFONTAINE. — La vertu d'un roi n'est pas de mourir.
LE PAPE PIE. — Mais un saint est plus aux yeux de Dieu que beaucoup de rois et de royaumes.
COUFONTAINE. — N'est-ce point une des prières du Pater chaque jour que le règne arrive ?
LE PAPE PIE. — C'est donc qu'il n'est pas arrivé.
COUFONTAINE. — Toutes choses n'arrivent-elles pas pour nous en figure ?