ACTE PREMIER
L'eau lombc,
Effaçant avec la même patience
L'année qu'elle a mise à la mener à son point,
Préparant la terre comme une sépulture,
l'immense ensevelissement des graines.
Et pour nous, quoi que nous lassions, la
chose qui doit être s'en arrange.
(Tout haut)
Saint-Père, comprenez que c'est de votre cause surtout qu'il s'agit.
Pour nous autres, ce que je viens de faire suffit :
La violence que l'on vous a faite a été manifestée et notre bonne volonté propre :
Que vous soyez présentement sauvé ou repris,
Il y a avantage des deux parts.
(Le Pape se tait, comme n'entendant pas) M'entendez-vous, Saint-Père ?
LE PAPE PIE. — Ne disiez-vous pas que vous nous laisseriez ici ces quelques jours ?
L'OTAGE COUFONTA1NE. — Mais combien, je ne sais au juste. Il me faut penser et voir.
LE PAPE PIE. — Laissez à Dieu le temps de nous donner conseil, à tous deux.
COUFONTAINE. — Votre Sainteté est bien lasse ?
LE PAPE PIE. — Lassitude du corps, lassitude de l'âme plus grande ! Laissez-Nous ces quelques jours de repos, mon fils.
Il est dur pour un pauvre moine de préférer sa propre volonté.
Non meam, Domine. Non pas la mienne, Non pas la mienne, Seigneur, mais la Vôtre. (// parle lentement, comme distrait et absorbé)
Ut quid persequimini me sicut Deus, vo3\ saitem amici mei ?
Pourquoi me persécutez-vous, mes frères évêques?
Cardinaux, conseillers du Vicaire de Dieu, est-ce pour cela que je vous ai ouvert la bouche ?