ACTE DEUXIEME SCÈNE I
Même décor qu'au premier acte. L'après-midi du même jour. Le soleil entre gaiement dans la pièce.
SYGNE, TU RELU RE. C'est un grand homme légèrement boiteux ; le nez étroit et très busqué se dégageant du front sans aucun rentrant, un peu à la manière des béliers.
Le café est servi sur une petite table.
LE BARON DE TURELURE. — Ce bon café n'a pas poussé sur un chêne et voilà un coquin de sucre qui est trop blanc pour ne pas venir de chez les nègres.
SYGNE. — Excusez-moi. Vous m'avez prise au dépourvu. Je n'ai pas eu le temps de me procurer de la mélasse et de la chicorée.
LE BARON TURELURE, buvant son café. — Vous êtes excusée !
Pensivement, faisant chauffer un petit verre d'eau-de-vie dans le creux d'une large main. (Il flaire de temps en temps l'eau-de-vie et ne la boit pas. Il ne prendra qu'une seule gorgée de café.)
Heureux terme d'un repas excellent.
Que me parlez-vous d'une réception improvisée ? Peste !
Quel ordinaire, en ce pays perdu !
Ma mère a laissé d'honorables élèves à vos fourneaux.
Pauvre femme ! Il y avait longtemps que je n'avais goûté de sa cuisine.
SYGNE. — Ma chère Suzanne !
LE BARON TURELURE. — Vous m'excuserez de ne pas m'attendrir ?
Toute la haine qu'elle avait pour son mari, la sainte femme l'avait reportée sur moi.
Général, préfet, baron, ah mon Dieu, cela ne l'éblouissait guère !
Cette fille d'un garde-chasse épousant un