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ACTE DEUXIEME

braconnier, le premier feu jeté, cela devait mal finir.

Le moment venu, nous avons pris parti chacun de notre côté.

Et me voilà, gardant à la fois l'amour de l'ordre et l'instinct de la précaution,

(// aspire l'air légèrement)

Avec le nez du chien de chasse qui reconnaît son gibier.

SYGXE. — Monsieur le préfet, c'est donc en partie de police que vous êtes venu chez moi aujourd'hui ?

LE BARON TURELURE. — Quelle horreur!

Est-ce qu'on entend rien de fâcheux de Coûfontaine ?

Tout est calme dans nos bois comme au temps des moines.

Pas de diligences culbutées, pas d'histoires de réfractaires. On dirait que votre présence est une protection pour le pays.

(7/ elôt un œil)

Evidemment cette tournée n'est qu'un prétexte. On ne peut rien vous cacher.

Mais ce que j'ai à vous dire est diablement pointilleux. Laissez-moi le temps d'amener cela. Comment dire ? C'est une espèce de conseil» quoi, que je viens vous demander.

Et je revois toujours avec sensibilité ces lieux où j'ai passé mes jeunes ans.

SYGNE. — Monsieur le Préfet,

Je ne vous retrouve pas en moinillon, les mains dans les manches et la tête dans le capuchon.

LE BARON TURELURE. — C'est un habit commode.

Je me vois encore une nuit récitant matines avec un grand diable de lièvre que je venais de prendre au collet accroché tout chaud sous mon scapulaire.

Cela me changeait du maigre claustral.

Quelles bonnes chasses j'ai faites la nuit dans tous ces bois à l'affût avec mon vieux mousqueton ! On ne me fera pas la barbe, j'en connais tous les passages.

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