‹ L'otageChapitre 35 sur 87 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

Oui. Le maître des novices était vieux et j'avais une voix de trompette et bonne grâce au lutrin.

Pourtant j'ai fait ma coulpe ici même plus d'une fois aux pieds du père abbé.

SYGNE. — Suzanne ne me parlait jamais de vous.

LE BARON TURELURE. — C'était son idée que je fusse moine. Il paraît que j'avais je ne sais quoi à réparer.

Mon père l'épouvantait avec ses manières de vieux loup blanc, de « bête fausse » comme disent les gens, et sa façon de guérir les entorses en faisant une croix dessus avec le pouce du pied gauche.

Monsieur Badilon doit se souvenir de lui. Les curés en ce temps-là

Ne disaient jamais la messe sans passer la main sur la nappe pour s'assurer qu'on n'avait pas mis dessous quelque grimoire.

J'ai eu plaisir à le rencontrer tout-à-1'heure. C'est un bon compère et une bonne bouteille à l'occasion ne lui fait pas peur.

Je sais que vous le voyez souvent. Et pourtant c'est un bout de chemin de la cure jusqu'ici.

— Rien n'a changé, vous avez remis tout "en place, tous ces vieux livres eux-mêmes. Il n'y a que ce Christ qui n'est pas beau.

— ! Vous avez fait une bonne acquisition au prix que Ton m'a dit.

Hé, hé ! Les biens nationaux ont du bon.

SYGNE, avec intention. — C'est à vous que je dois celui-ci.

LE BARON TURELURE. — Je comprends ce que vous voulez dire.

Et je sais tout ce qu'on a raconté sur moi, mais c'est faux.

Ce qui est vrai est bien assez. Je les ai fait tuer par amour de la patrie dans le pur enthousiasme de mon cœur !

J'étais jeune alors et innocent, et solide sur mes deux jambes.

Il faut comprendre pour juger. Ah, c'était du sang que j'avais dans les veines et du sec !

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