ACTE PREMIER
la i'ée araignée qui est restée là-bas, leur refasse une maison en France par son art magique.
Car nous autres, qui sommes pris entre le souvenir et le devoir, vous et moi, nous ne travaillons pas pour nous.
Quand est-ce que je les verrai, Georges ? Aimables enfants !
Le chevalier avec son petit fouet, il a déjà vos traits, Coùfontaine, et ce tour Picard, et cet air de commandement et de considération.
Et la petite fille, qu'elle est bonne !
Leur mère se plaignait d'eux dans sa dernière lettre. Est-il possible ?
COUFONTAINE. — C'est une vieille lettre. Ils sont sages maintenant et ne lui donnent aucune peine.
SYGNE. — Et que leur mère est belle qui les tient entre ses deux beaux bras nus !
O Georges, que cela doit être bête à embrasser quand vous revenez de la guerre, cette belle rose fraîche tout ensemble où brillent ces six beaux yeux !
Je comprends bien ce qui vous a plu en elle, c'est cet air mal défendu et candidement arrogant, la grosse lèvre et le petit front.
Nous travaillons ensemble et je les regarde parfois, le cœur content.
Que ses yeux sont beaux, comme quelqu'un qui donne son cœur, un jeune être bien tendre qui regarde si vous l'aimez !
Quel courage vous avez, Coûfontaine, de la quitter, toujours loin d'elle errant !
COUFONTAINE. — Nous sommes au service du roi tous les deux.
SYGNE. — Vous écoute-t-il toujours ?
COUFONTAINE. — Je crains d'avoir perdu de mon crédit.
SYGNE. — L'auriez-vous offensé ?
COUFONTAINE. — Il n'était pas en mon pouvoir de faire vivre ma femme toujours.
(Silence)
SYGNE. — Georges, je ne comprends pas !