‹ L'otageChapitre 5 sur 87 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

quelle horrible parole me baillez-vous, pleiue de poisons ?

COUFONTAINE. — Ne savez-vous pas que ma femme était la maîtresse du Dauphin ?

Tout le monde là-bas enviait mon bonheur. Moi seul, stupide, ne savais rien.

La mort a tout fait paraître.

SYGNE. — Elle est donc morte, Georges ?

COUFONTAINE. — Donnez-moi ce portrait.

SYGNE, le prenant vivement. — Ne lui faites plus de mal ! Ma chérie, ici du moins tu es en sûreté contre mon cœur.

COUFONTAINE. — C'est la seule image qui me reste d'eux.

(Elle le regarde comme ne comprenant pas) Tout cela que vous tenez entre vos mains n'est plus.

SYGNE. — Georges !

COUFONTAINE. — Ne me comprenezvous pas ? Les deux enfants...

SYGNE. — Assez ! ne parlez pas. Ah, pas cela ! pas cette chose horrible.

COUFONTAINE. — ...sont morts. Tous deux presque en même temps, pendant que j'étais en France, de cette mauvaise fièvre anglaise.

SYGNE. — Dieu ait pitié de nous !

SYGNE reste pendant un moment immobile, les yeux fermés et comme évanouie, puis lentement elle agite la tête comme quelqu'un qui fait Non.

Je suppose qu'il n'y a rien à vous dire, Georges ?

COUFONTAINE. — Il n'y a rien à me dire,

(Pause)

SYGNE. — Venez prendre ce papier pour vous qui est là sur la table.

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