ACTE DEUXIEME
SYGXE. — Je le sais. C'est à vous que je dois mon héritage.
LE BARON TURELURE. - A ma mère qui vous a nourrie.
SYGXE. — Aux vôtres qui ont tué tous les miens.
LE BARON TURELURE. C'est nous donc doublement qui vous avons faite et élevée.
SYGNE. — Monsieur le Préfet, vous avez ma réponse. Il suffît.
Est-il quelque autre chose encore qui vous retienne chez moi ?
LE BARON TURELURE. - Une autre petite chose.
SYGNE. — Laquelle ?
LE BARON TURELURE. - Vous avez ici la collection des Conciles.
Or vous savez que notre nouveau Théodose en tient un présentement en sa capitale.
Préameneu m'a demandé une note à ce sujet.
Vous pensez bien que je n'ai pas Manzi à la Préfecture.
SYGNE. — Prenez ce que vous voudrez.
LE BARON TURELURE. — Le voici. Je reconnais la superbe ordonnance des in-folio en peau de truie.
J'aime ces belles reliures italiennes.
(Il se dirige en boitant vers cette partie de la bibliothèque ou est aménagée la porte secrète. SYGNE ouvre doucement le tiroir du secrétaire et y enfonce la main.)
LE BARON TURELURE, le dos tourné à Sygne. — Voilà bien l'ouvrage au complet. Il est en parfait état et sans un grain de poussière.
SYGNE. — Je le ferai porter dans votre voiture.
LE BARON TURELURE. — Et qu'arrive-