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ACTE DEUXIEME

Et que je vous conseille hors de toute violence dans un esprit de mesure et de suavité.

Car il ne nous demande point ce qui est audessus de nous, mais ce qu'il y a de plus bas,

Ne se plaisant point aux sacrifices sanglants mais aux dons que Son enfant lui fait de tout son cœur.

SYGNE, sourdement. — Pardonnez-moi parce que j'ai péché.

(Il ouvre son manteau et on le voit en surplis, l'étole violette croisée sur la poitrine) .

Eh quoi ! vous avez sur vous le viatique ?

MONSIEUR BADILON. — Non. Je reviens de le porter au père Vincent dans les bois.

En quittant ce matin même

(A voix basse) — le Pape,

J'ai appris que le pauvre homme venait d'avoir les jambes broyées ^1) par un chêne.

J'arrive de chez lui. Quelle tempête !

(1) Il prononce •• broy-ées ».

Gela m'a rappelé les bons temps de l'Indivisible, quand le sorcier Quiriace me pourchassait.

Et que je passais la nuit dans le creux d'un saule, avec Notre-Seigneur sur la poitrine.

SYGNE, se mettant à genoux. — Pardonnezmoi, mon père, parce que j'ai péché.

MONSIEUR BADILON (il est assis sur un fauteuil à côté d'elle). — Qu'il vous pardonne comme je vous bénis.

SYGNE. — Je suis coupable de paroles violentes, de désir de mort, de propos de tuer.

MONSIEUR BADILON. — Renoncez- vous de toute votre volonté à la haine d'aucun homme et au désir de lui mal faire ?

SYGNE. — Je cède.

MONSIEUR BADILON. — Poursuivez.

SYGNE, à voix basse. — Georges

Dont je vous ai parlé tout-à-l'heure, père,

Je l'aime.

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