‹ L'otageChapitre 49 sur 87 · ACTE DEUXIEME MONSIEUR BADILON. — Mais il n'y a point de mal à cela · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME MONSIEUR BADILON. — Mais il n'y a point de mal à cela

SYGNE. — Plus qu'il n'est dû à aucune créature.

MONSIEUR BADILON. — Mais pas autant cependant que Dieu lui-même qui l'a faite.

SYGNE. — Père, je lui ai donné mon cœur !

MONSIEUR BADILON. — Ce n'est pas assez l'aimer que de l'aimer hors de Dieu.

SYGNE. — Mais Dieu veut-il que je l'abandonne et le trahisse ?

MONSIEUR BADILON. — Ayez patience avec moi, écoutez-moi, mon enfant bienaimée, car je suis votre pasteur qui ne vous veux point de mal.

Qu'une femme quitte son bien, comme cela arrive, son père, sa mère, son pays, son fiancé,

(Et la chose est bien dure, bien que les mots soient aisés à dire),

Pour se retirer dans le désert au pied d'une croix, pour panser les malades, pour nourrir les pauvres,

Pour chérir et préférer au-dessus du sens et de la raison ces gens qui ne nous sont de rien,

Elle le fait dans l'abondance de son cœur et son salut n'y est pas intéressé.

Et vous, que pour sauver le Père de tous les hommes, selon que vous en avez reçu vocation,

Vous renonciez à votre amour et à votre nom et à votre cause et à votre honneur en ce monde,

Embrassant votre bourreau et l'acceptant pour époux, comme le Christ s'est laissé manger par Judas,

— La Justice ne le commande pas.

SYGNE. — Ne le faisant pas, je reste sans péchés ?

MONSIEUR BADILON. — Aucun prêtre ne vous refusera l'absolution.

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