ACTE DEUXIEME SYGNE. — Est-il vrai
MONSIEUR BADILLON. — Et je vous dirai plus : Prenez garde et faites attention à ce grand sacrement qu'est le mariage, de crainte qu'il ne soit profané.
Ce que Dieu a créé, il le consomme en nous. Ce que nous lui sacrifions, il le consacre. Il achève le pain et le vin.
Il consomme l'huile. Il donne effet pour l'éternité à cette parole qu'il nous a communiquée. Il fait un sacrement comme son corps même.
De cet aveu par qui le pécheur se condamne à mort.
Ah, comme le corps d'un prêtre frémit, quand ce monstre qui est le frère de Jésus tournant vers lui sa face décomposée avoue par l'orifice de son corps pourri !
Et de même il a sanctifié tout consentement dans le mariage, que deux êtres l'un à l'autre se font l'un de l'autre pour l'éternité.
SYGNE. — Dieu ne veut donc pas de moi un tel consentement ?
MONSIEUR BADILON. - Il ne l'exige pas, je vous le dis avec fermeté.
- Et de même quand le Fils de Dieu pour le salut des hommes
S'est arraché du sein de son père et qu'il a subi l'humiliation et la mort
Et cette seconde mort de tous les jours qui est le péché mortel de ceux qu'il aime,
^a Justice non plus ne le contraignait pas.
SYGNE. — Ah, je ne suis pas un Dieu mais une femme !
MONSIEUR BADILON. — .Te le sais, pauvre enfant.
SYGNE. — Est-ce à moi de sauver Dieu ?
MONSIEUR BADILON. — C'est à vous de sauver votre hôte.
SYGNE. — Ce n'est pas moi qui l'ai prié sous mon toit.
MONSIEUR BADILON. — C'est votre cousin qui l'a amené.